Réuni derrière des portes closes, le caucus libéral discutera de la proposition que lui soumettra son chef, une proposition qui se transformera en amendement à la motion que le gouvernement présentait vendredi dernier.
Cette position est cruciale puisque ce sera celle que devront défendre les libéraux lors d'une éventuelle campagne électorale dont les probabilités augmentent de jour en jour.
Ainsi, leur amendement soulignera l'importance de la diplomatie, de l'aide humanitaire, des efforts de reconstruction pour assurer la survie de la mission. Tout cela dans un nouveau rôle pour les soldats canadiens dès février 2009, non plus au coeur d'une mission de combat, mais dans un maintien de la sécurité.
Dans leur motion, les conservateurs proposent une prolongation de la mission jusqu'à la fin de 2011, date à laquelle la mission sera soumise à une révision avant d'envisager une autre extension.
C'est cette date de fin de mission qui illustre le mieux la différence entre les positions libérale et conservatrice. Les libéraux réclament la fin de la mission de combat en février 2009, et la fin complète de la mission en 2011.
"Si on explore ce qu'on veut faire après février 2009, en termes de développement, de reconstruction, de formation des troupes, de sécurité, on est prêt à explorer ça avec le gouvernement parce qu'on préférerait qu'on s'entende, a expliqué le chef Stéphane Dion. Mais il n'est pas question d'avoir une mission à plus finir, pas question de continuer la mission de combat, c'est-à-dire de chercher activement l'engagement avec l'ennemi, après février 2009. C'est très clair pour nous."
Et pas question de compromis sur ce détail, a-t-il répété à plusieurs reprises, d'un ton catégorique.
Au sein de son caucus, cependant, certains députés semblent pencher davantage en faveur d'un compromis.
Même le chef adjoint, Michael Ignatieff, tient des propos qui détonnent un peu de ceux de son chef et ancien rival dans la course au leadership du Parti libéral. Vendredi, M. Ignatieff disait entrevoir, à la lecture de la motion des conservateurs, "la possibilité d'une discussion sérieuse entre parlementaires".
Son collègue de la Nouvelle-Ecosse, Robert Thibault, souhaite lui aussi un compromis entre libéraux et conservateurs.
"Je suis ouvert à un dialogue, si les conservateurs veulent bel et bien un dialogue, voir si on peut trouver un terrain en commun entre la position qu'on a et la leur. (...) Je crois qu'il est possible de trouver un territoire, un accommodement pour les deux parties", a commenté M. Thibault, avant la réunion du caucus.
Flairant la dissension au sein des libéraux, le gouvernement n'a pas manqué de récupérer les commentaires de M. Ignatieff pour attaquer le leadership de M. Dion.
Aux Communes, le leader parlementaire du gouvernement, Peter Van Loan, s'est amusé à citer des déclarations de M. Ignatieff où ce dernier défend la mission afghane.
"J'espère qu'il imposera son leadership à son parti sur cette question", a lancé M. Van Loan, sourire en coin.