M. Dion a reproché au premier ministre Stephen Harper d'avoir provoqué une crise politique au sujet de l'Afghanistan en ayant assuré depuis deux ans que la mission canadienne dans le sud de ce pays allait bien, avant d'avoir annoncé que les Forces canadiennes se retireraient de la région si l'OTAN n'y dépêchait pas davantage de troupes.
Le chef libéral a affirmé que tout cela aurait pu être évité si les conservateurs avaient fait savoir à l'OTAN que le Canada mettrait un terme à sa mission de combat au moment prévu, en février 2009.
"Il ne l'a pas fait et maintenant, l'OTAN se réveille, se demandant ce qui se passe au Canada, a déclaré M. Dion. Le premier ministre a donc raté une occasion d'être franc avec nos alliés."
M. Harper a fait savoir que la motion du gouvernement conservateur minoritaire portant sur l'éventuelle poursuite par le Canada de sa mission de combat sur le sol afghan, pendant trois années de plus, serait considérée comme un vote de confiance.
Les conservateurs ont également prévenu que le passage de leur projet de loi en matière de crime, au Sénat, plus tard ce mois-ci, servirait également à juger de la confiance éprouvée à l'égard du gouvernement, tout comme d'ailleurs le budget fédéral.
Cependant, le dirigeant libéral, concluant un déplacement de trois jours en Colombie-Britannique, a rejeté du revers de la main toute suggestion voulant que les libéraux soient graduellement piégés par le premier ministre Harper, apparemment soucieux de déclencher des élections.
"Il se trouve dans un coin. S'il veut des élections, s'il veut tomber à tout prix, il y aura des élections", a lancé M. Dion.
"Mais notre priorité n'est pas de nous précipiter dans des élections. Notre priorité est de nous assurer que ce parlement fonctionne."
Le chef libéral est rentré à Ottawa après avoir fait une apparition publique dans le quartier chinois de Vancouver afin d'y célébrer le nouvel an chinois.
M. Dion a indiqué que les libéraux soumettraient des amendemants à la motion sur l'Afghanistan afin de réclamer que le Canada demeure en Afghanistan une fois terminée sa mission militaire, en février 2009, mais dans un rôle excluant tout combat.
Dans une déclaration faite via un porte-parole, le leader parlementaire des conservateurs, Peter Van Loan, a affirmé que le gouvernement "mène une mission imaginée par les libéraux" et qu'il est prêt à agir de façon responsable en fonction des recommandations formulées par la commission indépendante dirigée par l'ancien vice-premier ministre libéral John Manley.