Leur chef, Stéphane Dion, a déclaré à l'extérieur de la Chambre qu'il n'était pas question que son parti appuie les changements, mais il a aussitôt ajouté que la décision d'aller ou non en élection lui appartenait, et qu'il utiliserait ce pouvoir pour décider à quel moment faire tomber le gouvernement.
Les conservateurs ont inclus les mesures sur l'immigration dans un projet de loi plus vaste de mise en oeuvre du budget - lequel doit être adopté, à défaut de quoi le gouvernement tombe.
Les libéraux se sont abstenus de voter sur des déclencheurs potentiels d'élection comme le discours du Trône, le budget fédéral, une motion de confiance sur la criminalité, et une motion de non-confiance du Nouveau Parti démocratique. Les changements au système d'immigration pourraient devenir un autre cas d'abstention libérale.
Le projet de réforme donnerait au ministre de l'Immigration le pouvoir d'accélérer le traitement de certaines demandes de candidats à l'immigration particulièrement recherchés, notamment les travailleurs qualifiés. Le ministre pourrait aussi limiter le nombre des demandes d'immigration de la part d'immigrants moins qualifiés.
Une telle mesure permettrait au gouvernement d'alléger l'arriéré des demandes d'immigration - 800 000 - , qui engendrent de longs délais et font du Canada une destination moins attrayante pour les travailleurs qualifiés.
Pour M. Dion, tout comme pour le Nouveau Parti démocratique, qui a indiqué son intention de voter contre, ce projet de loi est discriminatoire. Les néo-démocrates sont aussi irrités par le fait que les mesures sur l'immigration aient été insérées dans le projet de loi de mise en oeuvre du budget.
Priée de dire si elle utiliserait ces pouvoirs pour bloquer certaines demandes d'immigration, et lesquelles, la ministre de l'Immigration, Diane Finlay, a refusé de répondre à ces questions.
Réagissant aux propos de l'opposition, le premier ministre Stephen Harper a affirmé que le projet de loi vise à accélérer l'entrée d'immigrants au pays, en réduisant le nombre de demandes en souffrance, qui obligent des candidats à l'immigration à passer des années sur des listes d'attente, pendant que des employeurs au pays n'arrivent pas à combler des postes vacants.
"Le statu quo est inacceptable (...) injuste pour les immigrants", a dit le premier ministre, qui a ajouté que la réforme visait à traiter les immigrants équitablement.