La réponse semble pour le moment être "peut-être".
Même le dirigeant libéral Stéphane Dion, qui semblait déterminé, il y a un mois, à renverser le gouvernement conservateur minoritaire dès le début de la nouvelle année, affiche maintenant une attitude plus modérée. Il affirme ne pas projeter de motion de confiance avant le dépôt du budget, attendu en février ou en mars, et il compte attendre d'en étudier le contenu avant de décider si les libéraux permettront ou non au gouvernement de survivre un peu plus longtemps.
Des proches du chef libéral affirment que ce dernier conserve toutes ses cartes en main et souhaite savoir ce que pensent les députés et sénateurs libéraux, qui se rassemblent ce lundi à l'occasion d'une retraite de deux jours à Kitchener, en Ontario, afin de mettre au point la stratégie qu'adoptera le parti au parlement, à la suite des six semaines de pause des fêtes de fin d'année.
Néanmoins, les députés libéraux semblent déchirés quant à la voie à emprunter.
Il y a seulement un mois, la plupart d'entre eux se préparaient à des élections en février, convaincus qu'ils ne pouvaient plus s'abstenir de prendre part aux votes cruciaux - ce qu'ils ont fait pendant tout l'automne - sans que cela fasse perdre de la crédibilité au parti.
La situation économique semble cependant avoir changé les choses.
Les libéraux ne devraient pas prendre de "décisions imprudentes", a affirmé Paul Zed, député du Nouveau-Brunswick.
"Nous sommes à un moment charnière, mais nous allons devoir regarder ce budget. Nous allons devoir le regarder de très près", a-t-il déclaré.
Pour M. Zed, un facteur crucial sera la présence ou non dans le budget de mesures afin de venir en aide aux municipalités.
Les libéraux devront également tenir compte de l'absence d'enthousiasme affiché par les Canadiens pour une campagne électorale au moment où les gens sont préoccupés par leurs emplois ou voient leurs investissements s'envoler en fumée.
Bien qu'il ne fasse aucun doute que les libéraux seraient la risée des députés fédéraux s'ils décidaient de ne pas prendre part au vote sur le budget, M. Zed a dit croire que cela ne changerait rien pour les Canadiens.
Les gens dans la rue "disent 'travaillez, travaillez pour les Canadiens', a-t-il affirmé. C'est pourquoi je suis partagé, je le suis, parce qu'il y a deux façons de voir (les choses)."