Le manque de diversité génétique chez le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii) implique que le système humanitaire de l'animal ne combat pas la maladie, qui se transmet par morsures, révèle une étude de l'Ecole vétérinaire de l'université de Sydney publiée début octobre.
Ces tumeurs grotesques situées principalement sur le museau ont été observées il y a une dizaine d'années en Tasmanie, où 90% de l'espèce a succombé à la maladie. Cette dernière s'étend au sud et à l'est de l'Etat et les scientifiques estiment qu'aucune population n'y échappera d'ici à cinq ans. La Tasmanie est le seul Etat où ce marsupial carnivore vit dans la nature.
En cherchant à comprendre comment se transmet ce cancer, les chercheurs de l'université de Sydney ont découvert que les tumeurs sont provoquées par une lignée de cellules-souches, qui s'est répandue dans la population par morsures.
Les diables de Tasmanie étant très proches génétiquement, leurs corps ne reconnaissent pas les tumeurs comme des cellules étrangères, ils ne produisent pas de réponse immunitaire efficace. "Nous avançons que cette tumeur s'est développée chez un individu et a été transmise au reste de la population de diable de Tasmanie par morsures lors de combats", a précisé la responsable de l'équipe de scientifiques Katherine Belov.
"Il n'y a pas de barrière naturelle à la propagation de la maladie: les animaux infectés doivent être isolés pour éviter sa transmission", a-t-elle préconisé.
Les scientifiques estiment que la population de diables de Tasmanie, petit marsupial noir aux puissantes mâchoires, est passé de 140.000 dans les années 90 à 80.000 en 2006 à cause de ces tumeurs. Les animaux meurent en six mois, souvent de faim faute de pouvoir s'alimenter correctement.
Les experts craignent que les quelques individus sains disparaissent dans les vingt prochaines années, s'ils n'en sont pas protégés.
Plusieurs programmes de protection ont été mis en place par les autorités australiennes, notamment avec l'installation de couples dans des sanctuaires sur l'île de Tasmanie. Une femelle peut donner naissance jusqu'à 40 bébés par portée mais elle ne peut en élever que quatre dans sa poche ventrale.