Les 20.000 bureaux de vote répartis dans tout le pays devaient fermer leurs portes à 18h (même heure GMT). Mais les résultats n'étaient pas attendus avant plusieurs jours. Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50% des voix.
Beaucoup au Mali s'attendaient à une facile réélection du président Amadou Toumani Touré, 59 ans, surnommé ATT, candidat indépendant, soutenu par une coalition de 43 partis et associations regroupés au sein de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP).
"Je suis arrivée ici avant l'ouverture des bureaux de vote pour être sûre que mon candidat, Touré, l'emporte", expliquait une vieille femme, Kadiadou Diarrasso, dans la file d'attente d'un bureau de vote de la capitale, Bamako.
Le plus sérieux rival de Touré est l'actuel président de l'Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keïta, 62 ans, candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM). Durant la campagne, seuls Touré et Keïta auront sillonné tout le pays. Faute de moyens, les six autres candidats se sont contentés de sorties stratégiques dans certaines localités à forte densité humaine, ou dans leurs fiefs respectifs.
Après les échéances électorales de 1992, 1997 et 2002, c'est la quatrième fois que les Maliens sont appelés à élire démocratiquement leur président, une situation exemplaire dans cette partie de l'Afrique où les élections sont souvent marquées par des fraudes et des violences, comme récemment au Nigeria.
Malgré ce bel exemple de démocratie, certains s'inquiétaient d'un faible taux de participation, du moins dans la capitale. "Notre peuple ne vient pas (aux urnes)", déplorait Idrissa Dembélé, membre de la Commission indépendante nationale, chargée de surveiller le bon déroulement du scrutin.
Ainsi, à Faladié, une circonscription de la capitale, seuls 158 des 496 électeurs inscrits avaient pris la peine de venir retirer, avant la date du scrutin, leur carte électorale, pourtant nécessaire pour voter.
En revanche, la participation semblait plus élevée dans l'intérieur du pays. Ainsi, en province, environ 60% des cartes électorales avaient été retirées par leurs détenteurs avant le scrutin, alors que ce taux n'atteignait que de 39% dans la capitale.
Au pouvoir depuis le 8 juin 2002, Amadou Toumani Touré brigue un second mandat de cinq ans. Il fut l'artisan de la démocratie malienne en renversant le régime du dictateur Moussa Traoré le 26 mars 1991, avant de remettre, en juin 1992, le pouvoir aux civils lors d'élections libres et transparentes, auxquelles il n'avait pas participé. Après son indépendance de la France en 1960, le Mali avait en effet sombré dans la dictature jusqu'en 1991.