Mélanie Raoul est arrivée à Vancouver jeudi matin et a raconté qu'elle et ses collègues manifestants ont été séparés durant 36 heures pour interrogatoire.
Elle dit avoir dormi seulement durant de courtes périodes de 15 minutes à la fois et n'a pas caché avoir été inquiète par moments.
Mme Raoul a cependant affirmé que l'action pacifique a souvent mené à des changements à travers le monde, notamment en Inde et aux Etats-Unis.
"Pour moi, en tant que détentrice d'un passeport canadien, c'est un devoir et une obligation d'agir et de me mettre dans une situation d'où je peux livrer mon message, a-t-elle dit. Un Tibétain qui manifeste contre le gouvernement chinois pourrait être condamné à la prison à vie."
Mélanie Raoul était parmi les trois manifestants canadiens détenus après qu'un groupe international de manifestants eut déployé mardi une immense bannière sur la Grande muraille de Chine appelant la Chine à se retirer du Tibet.
Les autres manifestants étaient attendus plus tard en journée.
Les arrestations étaient survenues quelques heures avant le lancement officiel des célébrations pré-olympiques, qui devaient réunir des dizaines de milliers de personnes, dont des dignitaires du Comité international olympique (CIO), sur la place Tiananmen à Pékin.
C'était la deuxième fois que Sam Price, qui devait rentrer plus tard jeudi à Vancouver, était arrêté en Chine.
En 2001, il avait été renvoyé à la maison après avoir perturbé une mission d'Equipe Canada.
Lhadon Tethong, une des organisatrices de la manifestation, avait été arrêtée mercredi à Pékin parce qu'elle avait publié des textes, des photos et des vidéos dans Internet.
Née, d'un père tibétain et d'une mère canadienne à Victoria, en Colombie-Britannique, elle est la directrice administrative du groupe Student for a Free Tibet, basé à New York.
Mme Raoul a souligné que le groupe voulait inciter les gens à exercer de la pression sur le gouvernement chinois et sur le CIO.
"Le gouvernement chinois utilise les Jeux olympiques comme un outil politique pour nettoyer leur image sur la scène internationale, malgré les atrocités contre les droits humains commises au Tibet", a-t-elle affirmé.
La Chine soutient le Tibet fait partie de son territoire depuis des siècles, mais plusieurs Tibétains estiment que leur nation est occupée.
Les troupes communistes chinoises sont entrés au Tibet en 1951 et le Dalaï Lama est parti en exil.
Un professeur de sociologie à la retraite de l'université Simon Fraser, Harry Sharma, a déploré les manifestations.
Il prétend que même si des Tibétains se sentent brimés par l'occupation chinoise, leur situation n'est pas différente de celle des Autochtones au Canada.
M. Sharma, qui a écrit un livre sur la transformation de l'économie chinoise, estime que les Occidentaux devraient davantage s'en faire avec la situation des millions de paysans chinois qui ne récoltent pas les fruits d'une économie en plein essor bien qu'ils participent à ce succès.
Il ajoute que le Tibet fait légitimement partie de la Chine depuis au moins mille ans.