Les militants du mouvement "Autodétermination" ont scandé des slogans hostiles aux Nations unies et exigé la tenue d'un référendum sur le futur statut de la province. L'émissaire de l'ONU dans la région Martti Ahtisaari propose que le Kosovo devienne indépendant, sous supervision internationale dans un premier temps.
Mais l'organisation regrette que le document n'accorde pas une indépendance totale au territoire en limitant sa souveraineté. Elle l'accuse d'accorder de trop nombreuses concessions à la minorité serbe. Le texte doit être examiné la semaine prochaine par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui aura le dernier mot.
Selon la police, aucun incident n'était signalé samedi dans la manifestation. Pour leur dernier rassemblement début mars, plusieurs milliers de personnes avaient scandé des slogans anti-ONU. En février, deux manifestants avaient trouvé la mort lorsque la police onusienne avait tiré des balles en caoutchouc en direction de la foule qui avançait sur le bâtiment du gouvernement à Pristina.
Le dirigeant du mouvement Albin Kurti avait été arrêté à ce moment-là. Il est toujours en détention provisoire et a entamé une grève de la faim la semaine dernière. "Ceci n'est pas le statut du Kosovo que veulent les citoyens", a-t-il dit dans une lettre lue aux manifestants.
Le Kosovo, province serbe de deux millions d'habitants, à 90% des albanophones, est administrée par l'ONU depuis 1999 après les frappes de l'OTAN qui avaient mis fin au conflit entre Belgrade et les séparatistes albanophones. La majorité albanophone revendique toujours l'indépendance, tandis que la Serbie n'entend pas renoncer à la province qu'elle considère comme le berceau de la nation serbe.