Malgré les questions du chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, M. Charest n'a pas confirmé les déclarations de son délégué général à Paris qui, cette semaine, a affirmé que le premier ministre était favorable à ce qu'une nouvelle formule soit mise de l'avant.
M. Charest s'est limité à dire qu'il souhaitait pousser plus loin la relation franco-québécoise, notamment par le biais d'accords économiques avec la France et l'Europe.
"A chaque fois que j'ai rencontré ou le président de la République française ou le premier ministre français, il a toujours été question de la relation privilégiée, de la relation directe qui existe entre la France et le Québec", a-t-il affirmé mercredi lors de la période des questions, à l'Assemblée nationale.
La semaine dernière, l'ex-premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a déclaré que M. Sarkozy pourrait profiter de son passage au Québec, l'automne prochain, pour revoir la position de la France envers la situation politique du Québec au sein du Canada, qui s'exprime par la doctrine de "non-ingérence, non-indifférence".
Le délégué général à Paris, Wilfrid-Guy Licari, a par la suite déclaré que le gouvernement québécois était associé à la réflexion.
Durant la période des questions, M. Dumont a rappelé que cette approche, qui préside aux relations entre le Québec et la France depuis 30 ans, dépasse les gouvernements.
"On comprend que le président de la République française ne demande pas la permission au premier ministre, mais le délégué général du Québec à Paris, lui, est censé parler au nom du Québec et du premier ministre, a dit M. Dumont. Or, c'est là qu'on veut savoir s'il a un mandat."
M. Charest a évoqué deux projets d'ententes économiques où la France joue un rôle clé, soit un accord transatlantique entre le Canada et l'Union européenne, ainsi qu'un accord sur un espace économique pour la mobilité de la main-d'oeuvre entre la France et le Québec.
Avant la période des questions, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a dit espérer que la France continuera d'appuyer la place du Québec dans la Francophonie même si elle révisait éventuellement sa politique de "non-ingérence, non-indifférence".
Selon elle, MM. Sarkozy et Charest ont une responsabilité à cet égard.
Mme Marois, dont le parti forme le deuxième groupe d'opposition à Québec, a affirmé qu'il est légitime que M. Sarkozy puisse vouloir choisir sa propre façon de définir la relation qu'il veut poursuivre avec le Québec.
La semaine dernière, à Paris, M. Raffarin a dit qu'à son avis, M. Sarkozy souhaitait maintenir sa relation privilégiée avec la province, mais dans une stratégie de non-opposition au Canada.
M. Licari a de son côté soutenu que le gouvernement québécois s'associait à la réflexion engagée par le président français afin de trouver une formule qui refléterait mieux le dynamisme des relations franco-québécoises.
La formule de la "non-ingérence, non-indifférence" a été inventée en 1977, peu de temps après l'élection du Parti québécois, par le ministre gaulliste Alain Peyrefitte.
Depuis, à droite comme à gauche, elle a résumé la position française face à la question québécoise, bien qu'il existe une autre formule dite de l'"accompagnement".
Inaugurée par Valéry Giscard d'Estaing lors de la première visite de René Levesque en France, la même année, déclinée depuis sous diverses formes, elle dit en substance que la France "accompagnera les Québécois" sur la voie qu'ils choisiront.