Le Lieutenant colonel Jeffrey R. Chessani est accusé de manquement à ses devoirs et de lacunes dans l'enquête et dans le signalement de l'incident du 19 novembre 2005.
Le caporal Stephen B. Tatum est quant à lui accusé d'homicide involontaire et de coups et blessures.
La décision du Lieutenant général James Mattis de renvoyer le caporal Tatum en court martiale a été prise alors que l'officier chargé de l'enquête a affirmé le mois dernier que les preuves contre le caporal étaient trop faibles pour pouvoir engager une poursuite contre lui.
Le caporal Tatum ne sera cependant pas jugé pour assassinat volontaire contrairement à ce qu'il risquait.
Il a en effet tiré et tué des civils, mais "il a agi ainsi en raison de la formation qu'il avait reçue et des circonstances dans lesquelles il se trouvait, et non pour obtenir une revanche en commettant un assassinat", a écrit le lieutenant colonel Paul Ware, le mois dernier, en recommandant qu'il n'aille pas en court martiale.
Le 19 novembre 2005, après l'explosion qui coûta la vie d'un Marine à Haditha, cinq hommes circulant à bord d'un taxi avaient été abattus alors qu'ils s'approchaient d'un groupe de Marines. Les 19 autres civils -dont des femmes et des enfants-furent tués peu après, lors d'une opération punitive menée par ces mêmes Marines. Allant de maison en maison, les militaires lancèrent des grenades et tirèrent des coups de feu.
Initialement, le corps des Marines avait affirmé que 15 Irakiens avaient été tués à Haditha dans l'explosion d'une bombe posée en bordure d'une route et que huit insurgés avaient ensuite été abattus par des Marines lors d'affrontements qui avaient suivi.
Cette version a rapidement été remise en cause grâce aux témoignages recueillis sur place auprès de survivants de Haditha par des organisations de défense des droits de l'homme et par des journalistes.
Le massacre a donné lieu au plus important procès pénal liés à des morts civiles en Irak.