Dans une lettre envoyée vendredi au premier ministre fédéral Stephen Harper, dont La Presse Canadienne a obtenu copie, M. McGuinty critique sévèrement le gouvernement conservateur pour son attitude dans le dossier des changements climatiques, lui reprochant de ne pas tenir compte des plus récentes preuves scientifiques en matière de réchauffement climatique.
"Votre gouvernement continue de travailler selon une approche reposant sur l'intensité qui verra une augmentation plutôt qu'une réduction des émissions canadiennes", a écrit le premier ministre ontarien.
Dans sa lettre, envoyée pour que sa réception coïncide avec l'arrivée au sommet de Bali, en Indonésie, du ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, M. McGuinty reproche au Canada le fait qu'il insiste pour que les pays en voie de développement tels que la Chine et l'Inde respectent les mêmes normes de réduction des GES que les nations industrialisées.
"(La conférence) donne au Canada, tout comme aux autres pays industrialisés, l'occasion de démontrer son leadership sur la scène mondiale en adoptant de réductions profondes et absolues de ses émissions", a-t-il écrit
"Je vous demande de mettre au point un programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre (...) qui s'attaque efficacement aux racines de cette menace pour notre environnement", a ajouté M. McGuinty.
A Bali, dimanche, M. Baird a rejeté du revers de la main la possibilité de signer une entente sur les changements climatiques sans les Etats-Unis, affirmant que cela nuirait à l'économie canadienne sans renverser la tendance en ce qui a trait aux GES.
Les Américains ont clairement fait savoir qu'ils n'accepteraient pas de se soumettre à des objectifs de réduction des GES obligatoires, et M. Baird a indiqué que le Canada espérait atteindre une entente d'ici deux ans, mais seulement si les cibles prévues par celle-ci s'appliquent à tous les pollueurs importants.
Le ministre de l'Environnement a par ailleurs dit croire que le projet de M. McGuinty de fermer des centrales au charbon en Ontario pour importer plus d'énergie du Michigan ne réduira pas les émissions de GES, mais entraînera des pertes d'emplois pour la province.