Yolanda Pulecio a estimé que le "seul" espoir de mettre fin à l'épreuve que vit sa fille depuis près de six ans résidait dans le rôle de médiateur joué par Hugo Chavez dans les discussions destinées à aboutir à un échange d'otages retenus par les FARC contre des guérilleros incarcérés en Colombie.
Elle a précisé dans un entretien à la télévision publique vénézuélienne qu'elle souhaitait que sa fille "ne perde pas la force", continue de faire preuve de "courage" et "pense à ses enfants" et au fait qu'"ils ont besoin d'elle".
Dans une longue lettre de désespoir adressée à sa mère, citée samedi par le comité de soutien à l'otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt écrit qu'elle va "mal psychiquement", ne mange plus, ne parle plus. "Cela m'est très difficile de continuer à croire (...) Ici, nous vivons comme des morts", explique l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, apparue amaigrie et prostrée sur une vidéo.
Sa mère se trouve à Caracas depuis samedi dans l'espoir de rencontrer Hugo Chavez, alors que les électeurs vénézuéliens étaient appelés dimanche à se prononcer par référendum sur des réformes constitutionnelles qui élargiraient considérablement les pouvoirs du président et lui permettraient notamment de briguer un nombre illimité de mandats.
Trois autres proches d'otages des FARC ont accompagné Yolanda Pulecio dans la capitale vénézuélienne.
La mère d'Ingrid Betancourt a appelé le leader des FARC Manuel Marulanda à "faire un geste qui serait reconnu à travers le monde" entier. Elle a critiqué l'arrestation le 29 novembre à Bogota de trois membres présumés des FARC qui avaient en leur possession des vidéos constituant des preuves de vie d'Ingrid Betancourt et d'autres otages. Elle a aussi critiqué le gouvernement colombien pour lui avoir seulement transmis des extraits d'une lettre datée du 24 octobre que lui a adressée sa fille.