Le ministre du Travail, Jean-Pierre Blackburn, a estimé mardi, devant une dizaine de réservistes du 39e Groupe-brigade du Canada, à Vancouver, que c'était bien la moindre des choses que le gouvernement puisse faire pour ceux qui risquent leur vie pour défendre leur pays.
"Les réservistes ne devraient pas être pénalisés dans leur vie civile en raison de leur service dans les forces canadiennes", a affirmé le ministre.
Le projet de loi devrait être débattu lors de la prochaine session parlementaire et permettrait aux réservistes qui travaillent dans les secteurs réglementés par le gouvernement fédéral de prendre un congé sans solde tout en interdisant à leurs employeurs de faire preuve de discrimination à leur égard.
Les nouvelles lois permettraient aussi aux étudiants de conserver leur statut actif et d'interrompre les paiements de leur prêt étudiant sans que l'intérêt ne s'accumule pendant leur mission.
Les réservistes sont des soldats à temps partiel qui ont habituellement un emploi à temps plein, ou qui sont étudiants, et qui passent leurs fins de semaine ou leur temps de vacances dans l'armée, la marine ou les forces de l'air.
Les soldats canadiens en Afghanistan comptent dans leur rang environ 20 pour cent de réservistes et ceux-ci sont habituellement membres des dangereux convois d'approvisionnement qui permettent aux patrouilles avancées de subsister.
La nouvelle a été bien accueillie par les réservistes.
"J'ai déjà eu un problème de discrimination par le passé", a noté le caporal Iain MacDonald, âgé de 23 ans, qui a été réserviste ces cinq dernières années.
"J'ai postulé pour un emploi (et) l'employeur m'a tout simplement dit que de devrais quitter les réserves si je voulais travailler pour lui."
Le sergent Erin Dixon, qui a servi pendant six mois en Bosnie, a estimé que la perte d'un emploi à temps plein est probablement le facteur déterminant pour tout réserviste qui songe à servir à l'étranger.
"C'est une très grosse décision", a-t-il noté. "Plusieurs réservistes ne vont pas à l'étranger parce qu'ils craignent de perdre leur emploi lorsqu'ils reviendront."
M. MacDonald affirme que plusieurs de ses confrères réservistes ont eu ce problème.
"Il y a plusieurs personnes qui sont allées en Afghanistan, qui en sont revenues et qui ont dû se remettre à la recherche d'un emploi (...) C'était assez difficile."
La critique néo-démocrate en matière de défense, Dawn Black, avait réclamé en octobre une protection pour les réservistes à la suite d'une visite en Afghanistan, où elle avait rencontré des réservistes inquiets pour leur emploi lors de leur retour au pays.
Mais les lois fédérales ne protègent qu'environ 2000 des 33 000 réservistes de l'armée, ceux qui sont couverts par les lois fédérales du travail. La plupart des travailleurs sont couverts par les lois du travail provinciales ou territoriales, a rappelé le ministre Blackburn.
Le projet de loi fera l'objet de discussions lorsque les ministres du Travail du Canada se rencontreront à Québec, le mois prochain, a-t-il ajouté.