"Cela peut donner à croire que vous perdez votre objectivité. Cela me ferait de la peine, car la population vous écoute. Les gens pourraient perdre confiance en votre objectivité", a déclaré mercredi le ministre Dupuis devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi sur le contrôle des armes à feu.
M. Dupuis a reproché à M. Boisvenu de s'être associé à l'ADQ, dans le cadre de la consultation publique que ce parti mènera cet automne sur les délinquants sexuels.
M. Boisvenu, un père de famille dont l'une des filles, Julie, a été froidement assassinée en juin 2002, a rétorqué que les propos du ministre Dupuis étaient "assez bas" et visaient à détruire les propos qu'il tenait devant la commission parlementaire.
"Ce n'est pas qu'on est adéquistes. C'est parce que l'ADQ véhicule des idées semblables aux nôtres", a rétorqué un Pierre-Hugues Boisvenu en colère.
Ce dernier a reproché au projet de loi 9, que le gouvernement Charest a soumis à l'Assemblée nationale et qui vise à contrôler les armes à la suite de la fusillade du cégep Dawson le 13 septembre 2006, de manquer de mordant.
Il a soutenu que le gouvernement devrait se doter d'une véritable stratégie de sécurité publique. Il faudrait notamment un meilleur contrôle sur les armes blanches, qui sont utilisées dans un grand nombre de crimes au Québec.
Il a notamment révélé que des couteaux et des armes blanches de tout genre sont disponibles dans certains marchés aux puces au Québec. Il a identifié celui de Saint-Eustache.
"Le Québec mérite plus que le projet de loi 9, a-t-il dit. Les affaires Clermont Bégin et Cedrika Provencher démontrent un ras-le-bol vis-à-vis le laxisme", a dit M. Boisvenu.
Tout en égratignant M. Boisvenu pour ses liens avec l'ADQ, le ministre Dupuis a néanmoins rendu hommage à sa bonne foi. "J'ai du respect pour l'action que vous avez entreprise. Je comprends votre colère, votre deuil et votre tristesse. Vos représentations sont faites de bonne foi et j'éprouve une affection fraternelle à votre égard", a dit le ministre.
M. Dupuis a rappelé que son gouvernement envisageait de débloquer des fonds pour la construction de centres de détention, dont tous conviennent qu'ils ne suffisent plus à la tâche.
Quant aux crimes commis par des gens connaissant des problèmes mentaux, M. Dupuis juge que le projet de loi 9 vise à lancer le signal suivant: les gens doivent prévenir la police s'ils constatent des signes avant-coureurs de violence chez un individu.
Enfin, le ministre a rappelé la difficulté de définir exactement ce qu'est une arme blanche. Un couteau de cuisine entre les mains de celui qui agresse sa conjointe ou entre les mains de celui qui se sert une tranche de rosbif n'a pas la même signification, a-t-il rappelé.