"Ca peut être une excellente solution", une façon de s'assurer que l'argent promis pour le transport y soit réellement injecté, s'est exclamé le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, au nom de la Coalition pour le maintien des infrastructures.
"Quand ça vient du ministère et quand ce n'est pas prévu dans une loi, à chaque année, dans la bataille budgétaire, le ministère des Transports a perdu contre les garderies, contre les frais de scolarité, contre les tarifs d'Hydro-Québec, contre les programmes sociaux, contre les lits d'hôpitaux, contre de meilleurs livres dans les écoles. La partie entretien, au ministère des Transports, n'a jamais été capable de faire valoir son point de vue. C'est une des raisons pour lesquelles ça prend une structure indépendante qui aura ses sources de financement indépendantes. Nous nous assurons qu'on corrige la situation", a souligné avec satisfaction le maire Vaillancourt, présent vendredi à la conférence de presse de la ministre Julie Boulet.
On ignore encore comment s'appellera vraiment cette agence, puisque la ministre la baptisera dans le projet de loi qu'elle déposera à cet effet cet automne. Une partie de la documentation ministérielle fait mention de l'"Agence des ponts routiers" et une autre partie de l'"Agence québécoise des viaducs et des ponts".
A la Coalition pour l'entretien du réseau routier, le porte-parole Denis De Belleval n'y est pas allé par quatre chemins, parlant carrément d'"un grand moment politique pour le Québec" avec la création de cette agence.
"D'abord, on va avoir l'argent pour faire le travail", s'est-il réjoui.
Ensuite, "on va avoir un meilleur environnement administratif" grâce à la création de cette agence, estime-t-il. "Une société d'Etat va être beaucoup plus efficace pour faire le travail qu'un environnement bureaucratique de type ministériel."
M. De Belleval perçoit la future agence comme "une grosse compagnie industrielle, une entreprise de construction" et, selon lui, il "vaut mieux laisser ça à une agence" qu'au ministère des Transports. "C'est comme Hydro-Québec qui construit des barrages. Ce n'est pas le ministère des Ressources naturelles qui fait les barrages au Québec."
Le syndicat des ingénieurs du gouvernement du Québec est moins favorable. Aux yeux du président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, la création de cette agence vise à diminuer la taille de l'Etat et à soustraire les dirigeants politiques des critiques sur le piètre état de nos infrastructures.
M. Gagnon se demande aussi si la création de cette agence ne vise pas, à moyen terme, à mettre la table en prévision d'une future tarification sur nos routes et ponts.
A l'Union des municipalités, le président Jean Perrault se réjouit du fait que la gestion des ponts des municipalités de moins de 100 000 habitants sera désormais assurée par la future agence. M. Perrault, qui est aussi maire de Sherbrooke, rappelle que son organisation se bat depuis 15 ans pour que le gouvernement reprenne cette responsabilité, qui avait été transférée aux petites villes par l'ancien ministre libéral Claude Ryan.