Avant d'évacuer ses 16 membres, MSF a dénombré au moins 39 blessés graves, des civils pour la plupart, a déclaré Banu Altanbas, directrice régionale de MSF-Hollande pour le Darfour-Sud. Elle n'était pas en mesure de se prononcer sur les allégations des rebelles selon lesquelles plus de 48 personnes auraient été tuées.
"On nous a signalé des victimes mais nous n'avons pas pu vérifier", a expliqué Mme Altanbas au téléphone depuis Nyala, ajoutant que la plupart des civils s'étaient réfugiés dans le nord de la ville, proche d'une petite base de la force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) où étaient soignées certaines victimes.
L'UA a déclaré avoir dépêché une équipe d'inspection à Muhajeria mercredi mais ne pouvait pas encore avancer de bilan.
Les rebelles imputent l'attaque de lundi à l'armée soudanaise et aux milices supplétives de nomades arabes, les janjawid, qui auraient tué des dizaines de personnes. Des chefs coutumiers noirs auraient été sortis d'une mosquée et abattus, et la moitié de la ville aurait été brûlée.
Mme Altanbas a déclaré que, bien que l'ONU ait conseillé aux organisations non gouvernementales (ONG) de faire évacuer leur personnel non essentiel de Nyala, au Darfour-Sud, en raison de l'insécurité là aussi, MSF restait et essaierait de retourner à Muhajeria, à une soixantaine de kilomètres à l'est, aussitôt que possible.
Un observateur de l'ONU au Darfour a déclaré lundi que l'attaque était dirigée par des membres de la tribu arabe des Mahalya mais il a refusé de se prononcer sur l'éventuelle implication du gouvernement soudanais. L'armée soudanaise a évoqué des combats entre tribus et nié toute implication. Des responsables de la mission de l'UA ont affirmé que des aéronefs avaient survolé la ville pendant l'assaut mais l'armée soudanaise affirme qu'il s'agissait d'une mission de reconnaissance approuvée par l'UA.