La gauche est sortie en tête dimanche du premier tour des élections municipales, mais rien n'est joué dans beaucoup de villes. Les candidats UMP résistent bien dans une partie des villes, et il faudra attendre le soir du second tour dimanche prochain pour tirer des conclusions définitives.
Ce premier tour des municipales et cantonales, premier test électoral pour Nicolas Sarkozy dix mois après son accession à l'Elysée, a donné lieu à des résultats contrastés.
La gauche est certes en tête au plan national. Les listes soutenues par le Parti socialiste, le Parti communiste, les Verts et divers gauche ont obtenu 47,5 pour cent des voix dans les villes de plus de 3.500 habitants, et les listes UMP et divers droite 40 pour cent, selon un sondage CSA. Mais près des deux tiers des Français, 64 pour cent selon le même sondage, ont voté pour en fonction de considérations locales, et seulement 25 pour cent pour sanctionner Nicolas Sarkozy.
Les résultats locaux confirment cette tendance. La socialiste Valérie Fourneyron a fait basculer dès le premier tour la ville de Rouen, dirigée depuis 2001 par le centriste Pierre Albertini.
Le PS est bien parti pour confirmer ses victoires historiques de 2001 à Paris et Lyon, et pour conquérir au second tour les villes de Strasbourg et Caen, gérées par l'UMP. A Reims, la socialiste Adeline Hazan est sortie largement en tête du premier tour, avec 42,1 pour cent des voix, devançant largement les anciens ministres UMP Catherine Vautrin (25,3 pour cent) et Renaud Dutreil (23 pour cent).
A Lille, Martine Aubry (PS) a frôlé la réélection dès le premier tour. Xavier Darcos, un des 22 ministres candidats aux municipales, est menacé dans sa ville de Périgueux.
A Pau, où François Bayrou jouait une partie de son destin national, la socialiste Martine Lignières-Cassou devance d'un point le président du MoDem, avec 33,5 pour cent contre 32,5 pour cent, selon TNS-Sofres.
Dans le même temps, la droite a résisté dans beaucoup de grandes villes. Alain Juppé, qui jouait sa survie politique, a été réélu dès le premier tour à Bordeaux.
A Marseille, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est au coude à coude avec son adversaire socialiste Jean-Noël Guérini, avec 40,1 pour cent chacun, selon Ipsos. Le suspense reste aussi entier à Toulouse, où le maire centriste Jean-Luc Moudenc est crédité de 42 pour cent des voix face au socialiste Pierre Cohen (38 pour cent), selon TNS-Sofres. L'UMP Christophe Béchu était en mesure de conquérir Angers.
Le taux de participation au premier tour des élections municipales a été moyen, s'établissant à 68 pour cent, selon une estimation Ipsos/Dell, et 69 pour cent selon TNS Sofres. Elle avait atteint 70,1 pour cent au premier tour en 2001.
Réélu dès le premier tour à Tulle (Corrèze), François Hollande a jugé ces résultats "encourageants", en y voyant "la volonté d'avertir le président de la République et le gouvernement sur la politique qui est menée depuis neuf mois".
Les dirigeants de l'UMP ont contesté cette analyse en dénonçant la "démarche partisane" de la gauche et en insistant sur le caractère local du scrutin. Ces résultats "sont plus équilibrés que ce qui nous avait été annoncé", a noté le Premier ministre François Fillon, en première ligne dans cette bataille des municipales, dans une déclaration solennelle depuis Matignon. Nicolas Sarkozy n'a pour sa part pas réagi à l'annonce des résultats.
Droite et gauche ont appelé les électeurs à se mobiliser pour le second tour. "Le second tour est plus que jamais entre les mains des électeurs", a lancé M. Fillon, qui multipliera les déplacements de soutien aux candidats UMP. A gauche, Ségolène Royal a appelé les électeurs à amplifier ce "vote-sanction" dimanche prochain.
Arbitre du scrutin dans un certain nombre de villes, le centriste François Bayrou a exclu toute "consigne générale". Les résultats du premier tour des élections municipales sont "un vote d'avertissement au pouvoir en place", et non "un vote d'adhésion au Parti socialiste", a estimé le président du MoDem.
En revanche, le Front national ne sera pas en situation de peser, à l'exception de Marine Le Pen, arrivée deuxième à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).