La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a rejeté du revers de la main les demandes du Parti québécois, qui exige un réinvestissement de 300 millions $ en santé, en éducation et pour les régions-ressources.
Mme Jérôme-Forget limite son offre à 60 millions $, soit 40 millions $ pour les soins à domicile et 20 millions $ pour les élèves provenant de milieux défavorisés.
"L'argent dont on parle, c'est l'argent des contribuables. Ce n'est pas de l'argent de Monopoly, ce n'est pas de l'argent de loterie, de casino. Nous parlons de véritable argent des gens qui se lèvent matin, midi et soir pour aller travailler", a dit la ministre en point de presse à l'Assemblée nationale, convaincue d'offrir au PQ un compromis "responsable et raisonnable".
Du reste, a poursuivi Mme Jérôme-Forget, il n'est absolument pas question de sabrer, comme le suggère le Parti québécois, dans les baisses d'impôt destinées aux mieux nantis.
"Une famille qui gagne 100 000 $ par année, je ne vous dirai pas que c'est une famille très riche", a-t-elle illustré, faisant comprendre que les baisses d'impôt de 950 millions $ prévues au budget ne sont pas négociables.
"C'est là notre engagement", a-t-elle insisté.
Plus tôt dans la journée, le Parti québécois avait rendu publiques ses conditions pour voter en faveur du budget vendredi.
Le deuxième groupe d'opposition demande un investissement de 300 millions $ supplémentaires dans les services publics, financé en grande partie - 250 millions $ - par une réduction des baisses d'impôt.
Le reste de la somme, 50 millions $, proviendrait des mesures déjà inscrites au budget pour la santé.
"La balle est dans le camp du gouvernement", a lancé le chef intérimaire du PQ, François Gendron, en conférence de presse aux côtés du porte-parole péquiste en matière de finances, François Legault.
"La population est derrière nous", a insisté M. Gendron à plusieurs reprises, citant les résultats de sondages défavorables au budget Jérôme-Forget.
La ponction de 250 millions $ sur les 950 millions $ de baisses d'impôt promises par le gouvernement Charest n'affecterait pas l'allègement consenti aux contribuables dont le revenu est inférieur à 75 000 $ par année. En revanche, ceux dont le revenu annuel est supérieur à 75 000 $ verraient leur baisse d'impôt prévue au budget réduite d'environ 40 pour cent.
"Nous ne sommes pas contre les baisses d'impôt. Mais le répit, il faut le donner en priorité aux individus qui gagnent moins de 75 000 $", a justifié M. Legault.
"Notre proposition est responsable et équilibrée", a-t-il soutenu.
Au total, le PQ réclame 140 millions $ pour les élèves en difficulté et la lutte au décrochage scolaire, 140 millions $ pour les soins à domicile et les Groupes de médecine familiale et 20 millions $ pour les régions-ressources.
"Si Jean Charest n'est pas d'accord, je pense qu'il devrait commencer à discuter avec Mario Dumont", a lâché le député de Rousseau, laissant entendre que le PQ n'avait pas l'intention de revoir ses exigences à la baisse, en dépit des conséquences que cela implique.
En début de soirée, aucune nouvelle rencontre de négociations ne figurait à l'agenda des parties.
L'opposition des députés péquistes lors du vote sur l'adoption du budget vendredi risque d'entraîner la chute du gouvernement minoritaire de Jean Charest et la tenue d'élections précipitées en plein coeur de la saison estivale.