L'attaque s'est produite près d'une base militaire à Kohat, à 130km à l'ouest d'Islamabad. Le porte-parole de l'état-major, le général Waheed Arshad, a annoncé que neuf recrues avaient été tuées et quatre autres blessées.
Les jeunes soldats, qui portaient encore leur tenue de sport, rentraient à pied vers leur caserne le long d'une route publique lorsqu'un kamikaze s'est dirigé vers eux et a déclenché ses explosifs.
Il s'agit du sixième attentat-suicide depuis deux semaines au Paksitan. Au moins 32 personnes ont été tuées: 20 soldats et policiers, ainsi que 12 civils.
Ces attaques répétées et non revendiquées, semblent être le signe de réprésailles lancées à l'encontre de l'armée pakistanaise qui a repris le contrôle le mois dernier de la région de Swat, en tuant environ 300 militants islamistes.
Lors d'une réunion politique en vue des élections législatives prévues en janvier prochain, l'ancienne Premier ministre pakistanaise, Benazir Bhutto, a dénoncé les pratiques de l'actuel président Pervez Musharraf, dignes selon elle "d'une époque sombre de dictature".
"Si l'activisme continue à se répandre, le pays va se désintégrer et pourrait devenir un nouvel Afghanistan", a-t-elle affirmé devant des centaines de militants de son parti, à Hyderabad.
Candidat à sa propre succession, le président Musharraf a lancé depuis l'été une vaste offensive militaire à l'encontre des nombreux combattants islamistes retranchés au Pakistan.
Dans cette optique, l'homme fort d'Islamabad avait placé son pays en état d'urgence le 3 novembre dernier avant de revenir sur cette disposition exceptionnelle samedi.
La tenue des élections et le retour à l'ordre normal sont les deux principales demandes de la communauté internationale, inquiète du coup de force de Musharraf mais aussi de voir le pays tomber sous l'influence des forces islamistes.
L'opposition, dont une partie prévoit toujours de boycotter le scrutin et menace d'organiser de grandes manifestations en cas de fraude, reste sceptique.
De son côté, l'actuel dirigeant pakistanais, réélu récemment pour un mandat de cinq ans, a promis que les élections législatives seraient libres et démocratiques.