Dans un communiqué, l'Elysée a annoncé que M. Sarkozy avait appelé M. Uribe pour lui faire "part de son intention de dépêcher sans délai une mission humanitaire sur place pour prendre contact avec les FARC et obtenir accès à notre compatriote".
"Il a demandé au président colombien de suspendre toute forme d'opérations militaires pour assurer la sécurité et le succès de cette mission", poursuit le communiqué.
Interrogés par l'Associated Press, les services de la présidence française ont refusé de préciser si l'opération était en cours, ou, le cas échéant, quand elle commencerait.
Nicolas Sarkozy a aussi appelé mardi soir le président du Venezuela, Hugo Chavez, pour faire le point avec lui sur la situation des otages en Colombie, selon l'Elysée.
A Bogota, le président colombien a déclaré qu'il avait accepté la demande de Paris, et précisé que l'objectif de cette mission internationale serait de "protéger l'état de santé empirant des otages" détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
Il a précisé qu'une fois les autorités colombiennes informées des coordonnées du point de rencontre entre la délégation française et les rebelles, l'armée suspendrait provisoirement ses opérations militaires dans le secteur.
Plus tôt mardi, le comité de soutien d'Ingrid Betancourt avait affirmé qu'elle était en grève de la faim depuis le 23 février.
Déjà atteinte d'une hépatite B récurrente, l'ancienne candidate à la présidentielle colombienne, enlevée il y a plus de six ans, est désormais "en danger de mort imminente", avait déclaré mardi M. Sarkozy dans un appel à sa libération lancé aux FARC.
"Relâchez Ingrid Betancourt!", a lancé mardi Nicolas Sarkozy dans un message adressé au chef des FARC Manuel Marulanda, le second en quelques mois. Dans le cas contraire, "ce serait une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire. Ce serait un crime, vous seriez responsable de la mort de cette femme", prévient-il. "Chacun est désormais placé devant ses responsabilités. Vous avez les vôtres, assumez-les."
Le président Uribe a proposé de libérer des guérilleros des FARC si la guérilla colombienne acceptait de relâcher Ingrid Betancourt. La France a quant à elle fait savoir à plusieurs reprises ces derniers jours qu'elle est prête à accueillir sur son sol des militants des Forces armées révolutionnaires de Colombie dans le cadre d'un accord.
Un avion français est disponible depuis vendredi soir, prêt à partir pour accueillir Ingrid Betancourt dans l'hypothèse où elle serait libérée.
Les FARC, de leur côté, souhaitent échanger leurs "prisonniers politiques" -dont Ingrid Betancourt et trois sous-traitants américains de l'armée colombienne-contre des centaines de guérilleros détenus par le gouvernement colombien.