Le nouveau chef de l'Etat français devait d'abord recevoir les honneurs militaires, puis s'entretenir en tête-à-tête avec Angela Merkel à la chancellerie, avant un dîner de travail. Il devait regagner Paris en fin de soirée.
Nicolas Sarkozy avait annoncé de longue date son intention de réserver à l'Allemagne son premier voyage officiel, avant le sommet européen de Bruxelles des 21 et 22 juin sous présidence allemande. Il devrait notamment promouvoir auprès de son hôte son projet de "traité simplifié" reprenant les deux premières parties de la Constitution européenne rejetée en France le 29 mai 2005.
Le 18 mai 1995, son prédécesseur Jacques Chirac avait déjà consacré son premier déplacement au couple franco-allemand lors d'une rencontre à Strasbourg avec le chancelier Helmut Kohl. Le 22 novembre 2005, dès le lendemain de son investiture comme chancelière, Angela Merkel avait aussi choisi Paris pour effectuer ses premiers pas sur la scène diplomatique.
L'actuelle chancelière chrétienne-démocrate (CDU) et l'ancien président de l'UMP Nicolas Sarkozy partagent les mêmes affinités politiques. Leurs deux formations sont en effet membres du Parti populaire européen (PPE).
Durant la campagne présidentielle en France, le candidat UMP avait toutefois pris le risque de froisser le voisin allemand avec ses propos sur la repentance. "La France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la Solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide", avait-il déclaré à Caen le 9 mars, selon le site Internet de l'UMP. Des propos qu'il avait réitérés à Nice le 30 mars.