-Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a fait du changement climatique une de ses priorités, a souligné "l'engagement et la conviction exceptionnels" d'Al Gore, le présentant comme un "exemple du rôle crucial que les individus et la société civile peuvent jouer en encourageant les réponses multilatérales à des problèmes mondiaux".
M. Ban, qui a organisé une réunion internationale sans précédent sur le climat le mois dernier, félicite également le GIEC, notant que grâce à ses "conclusions lucides et étayées, il est maintenant établi de manière certaine que le changement climatique est en cours, et que l'activité humaine y est pour beaucoup".
-Le président américain George W. Bush a fait savoir qu'il était "heureux" pour Al Gore, son ancien rival à l'élection présidentielle de 2000, et pour le GIEC. "C'est une importante reconnaissance et nous sommes sûrs qu'(Al Gore) est ravi", a précisé Tony Fratto, porte-parole de la Maison Blanche.
-L'ancien président américain Bill Clinton a rendu hommage à son ancien vice-président: "Al Gore nous met en garde et nous sensibilise aux dangers du changement climatique depuis des décennies. Il l'a vu arriver avant d'autres (...) et n'a jamais cessé de pousser à l'action pour sauver notre planète, même face à l'indifférence publique et aux attaques de ceux déterminés à défendre l'indéfendable." M. Clinton se dit "enchanté de cette reconnaissance bien méritée".
-Son épouse Hillary Clinton, ancienne First Lady et favorite à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2008, adresse ses "félicitations" à Al Gore, dont "le dévouement et le travail infatigable ont contribué à sensibiliser l'opinion internationale sur le réchauffement mondial".
-Le président français Nicolas Sarkozy a fait part de sa "très grande joie" après l'attribution du prix. "Je félicite le Comité Nobel d'avoir montré, par son choix, que la lutte d'aujourd'hui contre le changement climatique était un facteur déterminant de la paix de demain", explique-t-il dans un communiqué.
Al Gore est "une personnalité remarquable". "J'ai déjà eu l'occasion de lui dire, notamment lorsque nous nous étions rencontrés il y a un an à Paris, toute l'estime que m'inspirait son action pour la protection de notre environnement", rappelle-t-il. "Je me réjouis qu'un grand Américain comme lui ait pris ses responsabilités pour montrer l'exemple."
-La chancelière allemande Angela Merkel a félicité les lauréats, soulignant dans un communiqué que "les dangers du changement climatique figurent parmi les plus grands défis de l'humanité au XXIe siècle".
-En Grande-Bretagne, le Premier ministre Gordon Brown a remercié Al Gore pour avoir "focalisé l'attention dans le monde" sur la "question clé" du réchauffement et le GIEC pour avoir étayé le débat avec des données scientifiques.
-Pour le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, la contribution des lauréats "à la prévention du changement climatique" a permis de "sensibiliser" l'opinion internationale. "Leur travail a inspiré les hommes politiques et les citoyens."
-De l'avis de l'écologiste kényane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004, en choisissant Al Gore et le GIEC, "le Comité Nobel attire notre attention à juste titre sur le fait que le changement climatique est la plus grande menace sur la paix mondiale que nous ayons jamais connue".
-La branche française de l'organisation écologiste Greenpeace se félicite du choix du comité Nobel. "C'est un message envoyé au gouvernement américain, qui refuse encore aujourd'hui de signer le protocole de Kyoto et tente par tous les moyens de torpiller le seul instrument juridique international contraignant existant à ce jour pour répondre à l'échelle mondiale aux enjeux climatiques", selon Karine Gavand, responsable de la campagne climat de Greenpeace France.
-A noter également quelques voix discordantes dans le concert d'éloges: le président tchèque Vaclav Klaus, un des rares détracteurs de la thèse du réchauffement climatique, se dit "surpris" de la décision de distinguer Al Gore, car "le lien entre ses activités et la paix mondiale" est "flou".
Pour Bjorn Lomborg, ancien membre de Greenpeace, auteur du livre "L'environnementaliste sceptique", l'attribution du prix à Al Gore "ne peut être vue comme autre chose qu'un acte politique" alors que le prix du GIEC est selon lui "justifié". Il reproche au documentaire oscarisé d'Al Gore, "Une vérité qui dérange", des "erreurs évidentes, comme l'argument selon lequel nous allons voir une élévation de six mètres du niveau des océans".