Ce rassemblement autorisé par la municipalité, qui s'est déroulé sous la surveillance d'un important dispositif policier, coïncidait avec le 11e Forum économique de Saint-Pétersbourg où le Kremlin devait mettre en avant l'économie russe.
La manifestation de samedi avait été autorisée selon un itinéraire précis qui n'incluait pas le passage des protestataires dans l'artère principale de la ville. De même, le nombre de participants ne devait pas dépasser les 500. La mobilisation de quelque 1.500 personnes a de fait été qualifiée de succès par les dirigeants de l'opposition, même si elle a suscité des interrogations sur leur capacité à obtenir un soutien massif.
"Ce n'est pas simplement une marche, ce n'est pas simplement un rassemblement, c'est une victoire", a lancé Garry Kasparov à la foule. "Tout le pays est mécontent", a déclaré un peu plus tard l'ancien champion du monde d'échecs, virulent critique de Vladimir Poutine et chef de la coalition "Autre Russie" qui regroupe plusieurs partis d'opposition.
Bien qu'important, le dispositif policier était de moindre ampleur qu'à l'occasion de précédents défilés, violemment dispersés par les forces de l'ordre. Des manifestants avaient été frappés par des policiers à coups de matraques et des dizaines d'entre eux interpellés. Le mois dernier, Garry Kasparov et Edouard Limonov avaient par ailleurs manqué la marche organisée à Samara après un sommet UE-Russie, en raison de leur interpellation à l'aéroport à Moscou.
Samedi, la police n'a fait preuve d'aucun geste de violence à l'encontre des manifestants.
Aux yeux de Garry Kasparov, les restrictions imposées par les autorités entraient dans le cadre des efforts déployés par le Kremlin pour montrer que l'opposition était marginale. Il a cependant observé qu'une forte présence policière prouvait que le gouvernement prenait le mouvement au sérieux.