"Nous sommes sur le point de trouver un accord qui permettra de développer les coopérations nucléaires civiles avec l'Inde dans le plein respect de sa souveraineté et des règles internationales, tout en préservant et en renforçant le régime de non-prolifération", indique le chef de l'Etat dans l'"Hindustan Times".
L'Inde représente un gigantesque marché potentiel de 25 à 30 centrales d'ici 2020 pour alimenter ses besoins en énergie. Puissance nucléaire déclarée depuis 1998, elle n'a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et demeure donc sous surveillance de la communauté internationale. En juillet 2005, elle a fait un pas en concluant un accord de partage de technologie nucléaire civile avec les Etats-Unis, en échange de garanties sur son programme atomique, dont des inspections de l'AIEA. Un accord resté lettre morte, gelant de fait son programme nucléaire civil.
"Dès que l'Inde aura conclu l'accord de garanties avec l'AIEA et que le NSG (Groupe des fournisseurs nucléaires, NDLR) se sera prononcé, nous pourrons signer avec elle un accord de coopération", poursuit Nicolas Sarkozy. "Cet accord permettra, notamment, de livrer des centrales nucléaires de la technologie la plus récente". De source diplomatique française, on assure que cet accord de principe entre Paris et New Delhi est plus précis que la déclaration conjointe signée par les deux pays dans le domaine nucléaire civil lors de la visite de Jacques Chirac en février 2006.
Par ailleurs, côté armement, Nicolas Sarkozy déplore le revers subi début décembre par Eurocopter avec l'annulation par l'Inde d'un appel d'offres de 600 millions de dollars qu'il avait remporté pour la fourniture de 197 hélicoptères militaires. "Je regrette que cela n'ait pas abouti", note-t-il, se disant néanmoins "convaincu" que la filiale d'EADS "saura relever le défi" lors du nouvel appel d'offres qui doit être lancé. Enfin, concernant un autre appel d'offres que l'Inde doit lancer sur 126 avions de combat, il apporte par avance son soutien au Rafale. "Si le constructeur Dassault décide de présenter une offre, le gouvernement français l'appuiera".