Samedi dans le Wisconsin, M. Obama multipliait les étapes pour tenter de contrer la remontée que sa rivale espère dans ces milieux ouvriers. Mme Clinton, qui a rajouté un angle populiste à sa stratégie et s'est déclarée "candidate de la classe moyenne pour la classe moyenne", devait elle aussi arpenter sans relâche les routes du Wisconsin tout le week-end et parler économie.
Après avoir remporté huit primaires d'affilée sur Hillary Clinton depuis leur résultat ex-aequo du Super Tuesday du 5 février, le sénateur de l'Illinois est désormais en tête de la course aux délégués (à 1.280 contre 1.218, alors que 2.025 seront nécessaires à la convention cet été). Et l'ex-First Lady aspire à le freiner dans son élan en le surprenant dans le Wisconsin, Etat qu'Obama est censé remporter.
Un sondage publié vendredi le crédite en effet de 47% des intentions de vote, mais la sénatrice de New York le talonne à 42%. Et les indécis (11%) risquent bien de jouer les faiseurs de rois, selon l'Institut Research 2000 pour les chaînes de télévision locales de Madison (Wisconsin).
Un bon résultat dans le Wisconsin pourrait redonner à Mme Clinton un souffle bienvenu dans l'optique des primaires du 4 mars dans l'Ohio et au Texas, surnommées le "Super mardi bis", riches en délégués et que l'on considère déterminantes.
Vendredi, à Cleveland (Ohio), elle avait répété son message habituel anti-Obama: "Il y a une grande différence entre les discours et les solutions, entre la parole et l'action". Et détourné le message-signature de son rival, "Yes we can" (nous le pouvons), en un bien plus volontariste "Yes we will!" (nous le ferons).
En six semaines de primaires, l'ancienne Première dame a beaucoup compté sur le soutien de la classe ouvrière démocrate dans tout le pays. Mais Barack Obama, qui jusqu'ici avait surtout la faveur des noirs et des démocrates les plus "haut de gamme" et éduqués, séduit de plus en plus dans cet électorat plus traditionnel qu'on jugeait acquis aux Clinton: vendredi, c'est lui qui a décroché le soutien officiel d'un puissant syndicat nord-américain, l'Union internationale des employés et employées de service (UIES), fort de 1,9 million d'adhérents.
Quant à Hawaï, où M. Obama a vu le jour et qui tient caucus également mardi, ni l'un ni l'autre des candidats avaient fait le déplacement, représentés par Chelsea sa fille pour l'une et par sa demi-soeur Maya Soetoro-Ng pour l'autre.
Côté républicain, John McCain le nominé putatif menait la course dans le Wisconsin, donné à 48% contre 32% à Mike Huckabee l'ex-gouverneur de l'Arkansas, selon le même sondage Research 2000.
Frémissement supplémentaire attendu, le vétéran du Vietnam devrait recevoir lundi le soutien de l'ancien président, George Bush père. Intervenant après celui de l'ex-gouverneur de Floride Jeb Bush, l'adoubement du clan Bush est un nouvel appel du pied à la base conservatrice du parti pour qu'elle surmonte son rejet quasi-viscéral de McCain. Et en même temps à Huckabee le pasteur baptiste pour qu'il jette enfin l'éponge.
Tout le travail du sénateur de l'Arizona aura été ces derniers temps de consolider le soutien d'une base républicaine mécontente de ses positions d'électron libre sur l'immigration, le réchauffement climatique, les cellules-souche et autres sujets qui fâchent.
Jeudi, il avait reçu un nouveau coup de pouce de son ex-rival Mitt Romney, l'ancien gouverneur du Massachusetts appelant ses délégués à la convention nationale de se reporter sur McCain: s'ils obtempèrent, McCain ne serait plus alors qu'à 63 voix des 1.191 nécessaires à emporter la nomination du GOP.