"Nous devons nous réunir", a déclaré le sénateur noir lors d'une réunion à Plainfield, dans l'Indiana. Il a laissé entendre que le thème du racisme se faisait de plus en plus présent au fil de la campagne, et alors que l'écart avec son adversaire Hillary Rodham Clinton est très faible.
"J'ai remarqué ces dernières semaines que les forces de la division avaient recommencé à dresser leur sale tête. Et je ne suis pas ici pour jeter le blâme ou montrer du doigt car tout le monde sent cette inflexion", a lancé le candidat, fils d'une Américaine blanche du Kansas et d'un Kényan noir. "Nous avons un passé tragique en ce qui concerne le racisme dans ce pays. Nous avons beaucoup de colère refoulée, d'amertume et d'incompréhension (...) Ce pays veut dépasser ce genre de choses".
Parler de différences fondées sur la couleur de peau empêche "d'évoquer les grandes questions que nous devons affronter dans ce pays", comme le système de santé, le ralentissement économique, le terrorisme ou l'amélioration de la prise en charge des anciens combattants, a estimé M. Obama.
Pendant ce temps, Hillary Clinton faisait campagne en Pennsylvanie samedi. Elle s'est refusée à commenter les nouvelles déclarations de M. Obama, qui a reconnu, selon des articles publiés samedi par deux journaux de Chicago, avoir accepté pour sa campagne 250.000 dollars d'Antoin Rezko, un généreux donateur mais aussi homme d'affaires actuellement jugé pour escroquerie et tentative d'extorsion de fonds. C'est environ 100.000 dollars de plus que le sénateur de l'Illinois n'en avait admis jusqu'alors.
Mme Clinton s'est prononcée en faveur de la tenue d'une nouvelle primaire en juin dans le Michigan, les résultats de la première ayant été invalidés car l'Etat avait organisé un scrutin anticipé au tout début de l'année contre l'avis de la direction démocrate.
Faisant référence aux discussions en cours au sein des instances du parti, la sénatrice de New York a déclaré: "Je pense qu'ils évoluent dans la bonne direction vers un nouveau vote".
Le plan élaboré par plusieurs législateurs démocrates au Congrès et d'autres cadres du Michigan prévoit une primaire pour le début juin, probablement le 3, afin que les délégués de cet Etat puissent participer à la convention nationale qui désignera le candidat officiel du Parti démocrate à la présidentielle. Le Parlement du Michigan devrait examiner la question dans la semaine prochaine. La même question se pose pour la Floride.
Hillary Clinton avait remporté la primaire du Michigan le 15 janvier, alors que Barack Obama n'avait pas fait campagne dans cet Etat privé de voix. La sénatrice a aussi gagné en Floride le 29 janvier, mais ni elle ni son adversaire n'y avaient fait campagne. "Les 2,5 millions de personnes qui ont voté (dans le Michigan et en Floride) méritent d'être comptés. Si je devais choisir, nous prendrions leurs suffrages en compte, mais sinon ils devraient avoir l'occasion d'une vraie primaire pour revoter", a-t-elle lancé samedi à Scranton.
La Pennsylvanie organise sa primaire le 22 avril, avec à la clef un gros lot de 158 délégués.
Pour le moment, Barack Obama a obtenu le soutien de 1.603 délégués, contre 1.497 à Hillary Clinton, mais l'écart est si faible que les 800 superdélégués, des cadres et personnalités du parti sans consigne de vote, départageront sans doute les candidats.
La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, elle-même superdéléguée, a pour sa part fermement conseillé aux superdélégués de voter pour le candidat ayant remporté le plus de délégués. "Si les voix des superdélégués allaient à l'encontre de ce qui s'est passé dans les élections (primaires), cela nuirait au Parti démocrate", a-t-elle lancé dans un entretien réalisé vendredi et qui devrait être diffusé dimanche sur la chaîne de télévision ABC.