"On ne gagne pas la coupe le 10 avril, on doit y aller une étape à la fois, a tempéré le directeur général du Tricolore, lundi. Commençons par le début, on doit d'abord vaincre les Bruins de Boston."
Comme l'entraîneur Guy Carbonneau, Gainey s'attend à une série âprement disputée.
"Dix points seulement séparent les deux équipes. Si on avait perdu quelques matchs contre eux en saison régulière, on aurait terminé la saison coude à coude", a-t-il fait remarquer.
"Ca va être une excellente série. On est prêt à aller jusqu'au bout, advenant qu'on se retrouve ici le 21 avril, date du septième match."
Soulignant que plusieurs jeunes s'apprêtent à recevoir un cours accéléré "séries 101", Gainey a parlé de l'importance du rôle qu'auront à jouer les vétérans de l'équipe, à compter de jeudi.
"L'expérience est un facteur important. On a vu le rôle que les vétérans ont joué dans les succès de l'équipe au cours des trois derniers mois. On va avoir besoin de leur contribution. Quelques-uns d'entre eux (Kovalev, Dandenault et Brisebois) ont fait partie d'équipes championnes."
Price est prêt
L'expérience est d'autant plus primordiale que le Tricolore va faire confiance à une verte recrue devant le filet.
Gainey ne regrette pas la décision qu'il a prise, à la date limite des transactions, de s'être départi du vétéran Cristobal Huet, qui a aidé les Capitals de Washington à se qualifier pour les séries.
Solide depuis le départ de Huet, le jeune Carey Price a montré qu'il est prêt à relever le défi. Après avoir été choisi le joueur recrue par excellence de la LNH en mars, Price a été coiffé du titre hebdomadaire de la première étoile, lundi. Huet a reçu l'honneur de la troisième étoile.
"On a couru un risque en échangeant Cristobal, un risque qu'on croit calculé, a mentionné Gainey. Contrairement aux partisans et aux journalistes, j'ai eu la chance de voir Carey à l'oeuvre, le printemps dernier, dans les séries de la Ligue américaine. J'ai assisté à une douzaine de matchs des Bulldogs de Hamilton, le calibre de jeu était très relevé."
Gainey a été convaincu que Price pouvait répéter ses exploits dans la LNH, après l'avoir vu permettre aux Bulldogs de remporter la coupe Calder.
"Il nous a donné une bonne idée de sa valeur, avant la date limite des échanges, en signant deux victoires contre les Devils du New Jersey en l'espace d'une semaine."
Invité à établir des comparaisons entre les débuts fracassants en séries éliminatoires des Ken Dryden, dans les années 1970, et Patrick Roy, en 1986, Gainey a simplement rappelé que les Hurricanes de la Caroline ont gagné la coupe, il y a deux ans, en misant sur un gardien recrue, Cam Ward, vainqueur du trophée Conny-Smythe.
En présence de la presse, Price, lui, demeure imperturbable. Il a dit se sentir dans le même état d'esprit qu'à la même période, l'an dernier, soit avant d'entreprendre les séries de la Ligue américaine.
"Peu importe la situation, je ne change pas d'attitude, a-t-il dit. C'est ce qui fait que je connais rarement deux mauvais matchs d'affilée. J'ai la capacité de tourner vite la page."
Il a rappelé qu'il ne savait pas à quoi s'attendre quand il s'est présenté chez les Bulldogs, peu de temps avant les séries.
"Je n'avais aucune idée de l'utilisation qu'on allait faire de moi. On m'a envoyé devant le filet et tout a cliqué rapidement. Je n'ai pas d'explications à fournir, c'est arrivé comme ça."