D'entrée, dès la publication du rapport de la commission Winograd, Olmert, tout en en reconnaissant l'extrême sévérité, a réaffirmé qu'il ne partirait pas. Mardi, sa porte-parole Miri Eisin précisait qu'il pensait pouvoir retrouver son autorité aujourd'hui largement entamée.
Mais ce n'était pas l'avis de la presse israélienne de mardi. Ce rapport "ne contient pas un seul mot clément auquel le Premier ministre pourrait se raccrocher pour prolonger son mandat", notait le quotidien "Haaretz".
Le conflit du Liban avait débuté le 12 juillet dernier, après la mort de trois soldats israéliens et la capture de trois autres par le Hezbollah libanais. Il s'était achevé 34 jours plus tard sans qu'aucun des deux objectifs affichés par l'Etat hébreu soit atteint -ni le retour des soldats capturés, ni la destruction du mouvement chiite.
Première fissure dans la coalition qu'Olmert gouverne: Eitan Cabel, ministre travailliste sans portefeuille, a remis sa démission mardi, pour marquer sa défiance. "Ehoud Olmert doit démissionner. Il doit prendre ses responsabilités", a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse. "Je ne peux plus désormais siéger dans un gouvernement dirigé par Ehoud Olmert".
La commission d'enquête sur la conduite de la guerre au Liban a fait état de "très graves défaillances" directement imputables au chef du gouvernement, à son ministre de la Défense, le travailliste Amir Peretz, et au chef d'état-major de l'époque. Lequel Dan Haloutz a lui démissionné en janvier.
Mardi, Ehoud Olmert est apparu hagard au cours d'une réunion publique. Lorsqu'il a pris la parole, il n'a fait aucune référence à la commission d'enquête.
Désormais, selon Miri Eisin, il va consacrer les prochains jours à examiner attentivement les conclusions du rapport et à concocter un programme pour remédier aux problèmes identifiés.
"Il est totalement conscient du manque de confiance du public. Mais il a le sentiment que plutôt que de déclencher une période de tourmente, ça doit être à lui de régler les problèmes. Il pense que le soutien du public lui viendra à travers son action", explique sa porte-parole.
Reste que les opposants réclamant le départ d'Olmert se sont donné rendez-vous jeudi à Tel Aviv. Et dans tout le pays, les manifestants devaient s'ébranler, à pied, ce mardi après-midi, pour ce rassemblement que les organisateurs annoncent massif.
Car, selon ses proches, seules des manifestations de masse pourraient le contraindre à partir. Olmert pourrait aussi être victime d'une révolte au sein de son parti, Kadima, et être poussé vers la sortie.
Pour l'instant, son meilleur espoir de survie reste la crainte que la perspective d'élections anticipées inspire à ses alliés: selon les sondages, si Israël allait aux urnes aujourd'hui, ce serait pour donner le pouvoir aux faucons du Likoud et à leur chef, Benyamin Nétanyahou.