Ivana Vuco, travaillant sur la question des droits de l'Homme au sein de la Mission d'assistance de l'ONU pour l'Irak (UNAMI), est allée jusqu'à dire que l'agence étudiait la possibilité de poursuivre ces sociétés pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
"Les lois internationales en matière de droit humanitaire s'appliquent aussi à elles. Nous insisterons sur cela dans nos communications avec les autorités américaines. Cela inclut la responsabilité d'enquêter pour poursuivre ceux qui sont accusés de méfaits", a-t-elle déclaré devant la presse à Bagdad.
Dans son rapport biannuel sur les droits de l'Homme rendu public jeudi, l'UNAMI s'inquiète aussi du fait que de trop nombreux civils irakiens soient tués lors d'opérations militaires américaines à Bagdad même et à proximité de la capitale irakienne.
Au moins 88 civils irakiens seraient morts dans des frappes aériennes américaines, et beaucoup d'autres lors de raids terrestres menés à Bagdad et dans sa région, selon l'UNAMI.
Le rapport de 36 pages fait état d'informations concernant "des meurtres" perpétrés par des sociétés privées exerçant "des fonctions liées à la sécurité en soutien aux autorités gouvernementales américaines".
Deux cas récents témoignent de ce problème. Mardi, des vigiles travaillant pour la société de sécurité australienne Unity Resources Group ont tiré sur une voiture qui approchait de leur convoi, tuant deux femmes civiles, avant de quitter les lieux rapidement. La firme a affirmé que ses employés craignaient une attaque suicide et qu'ils avaient fait précéder leurs tirs d'avertissements.
Blackwater, la plus importante société américaine travaillant pour le département d'Etat américain en Irak, est impliquée dans une affaire du même type. Plusieurs de ses agents sont accusés d'avoir tué 17 Irakiens, après avoir ouvert le feu à un carrefour du centre de Bagdad le 16 septembre. Blackwater soutient également que ses employés répondaient à une agression armée.
Ces affaires ont soulevé la colère de nombreux Irakiens qui considéraient déjà depuis longtemps que ces sociétés faisaient preuve d'un comportement trop agressif. Le gouvernement irakien a ouvert des enquêtes et une commission américano-irakienne a été créée pour examiner les pratiques de ces sociétés de sécurité, qui jouissaient jusqu'à présent d'une quasi-immunité en Irak.