Les onze hommes, parmi lesquels au moins quatre membres des forces de sécurité, avaient été enlevés vendredi dans l'attaque d'un minibus par des partisans du Maulana Fazlullah près de Swat, après un raid des forces de sécurité contre village d'Imam Dheri, considéré comme un bastion du chef religieux. Les combats ont fait au moins trois morts. Une autre source policière avait fait état de huit membres des forces de sécurité et trois civils.
Un habitant du nom de Jehangir Khan a rapporté avoir vu six corps décapités dans la ville de Matta samedi; quatre se trouvaient sur le bord de la route et deux près d'un hôpital, mais tous étaient accompagnés d'un message disant: "Voilà le sort d'un agent américain. Quiconque travaille pour l'Amérique s'expose au même sort."
La police a précisé avoir découvert les corps sans tête de trois paramilitaires et d'un policier dans le village de Ningulai. On ignorait où se trouvait le onzième cadavre.
Un porte-parole du Maulana Fazlullah a déclaré à l'Associated Press que les prisonniers avaient été tués en public par autochtones. "Cela a été fait par des gens ordinaires, qui nous soutiennent parce que nous demandons simplement l'application de la loi islamique", a affirmé Sirajuddin, qui n'utilise qu'un seul nom.
Quelque 2.500 paramilitaires ont été déployés dans la zone jusque-là touristique de Swat, afin de combattre le chef religieux qui appelle ses partisans au djihad, la "guerre sainte", contre les forces gouvernementales.
Les violences récentes dans le nord-ouest du Pakistan sont le signe d'une radicalisation de l'affrontement entre les forces favorables aux talibans et le gouvernement du général Pervez Musharraf, allié crucial pour les Etats-Unis, mais dont l'autorité en est ébranlée. Un hélicoptère a largué des tracts samedi pour appeler les habitants à aider les forces de sécurité à "éliminer l'extrémisme et le terrorisme de la vallée de Swat". "Mettre en place des tribunaux islamiques, appliquer la loi islamique et rétablir la paix est la priorité du gouvernement", assure la propagande en pachtoune.