Dans le même temps, l'oligarque Badri Patarkatsichvili, patron de la chaîne indépendante Imedi fermée par le pouvoir, et considéré comme un des principaux financiers de l'opposition, a annoncé qu'il comptait se présenter contre Saakachvili lors de la présidentielle anticipée du 5 janvier annoncée jeudi par le président.
Les conditions de cette candidature, et le soutien qu'elle pourrait recueillir dans l'opposition, restaient peu claires: Patarkatsichvili, qui est depuis vendredi recherché par la justice géorgienne car soupçonné d'avoir comploté pour renverser le président Saakachvili, se trouverait actuellement en Israël.
La présidente du Parlement Nino Bourdjanadzé, une des principales alliées de Saakachvili, a quant à elle rencontré les chefs de l'opposition à la résidence du patriarche orthodoxe de Géorgie Ilia II, un geste symbolique fort dans un pays où l'église orthoxode joue un rôle important dans la société.
Nino Burjanadzé, tout comme Salomé Zourabichvili, représentante de l'opposition, ont insisté sur la nécessité d'un dialogue constructif.
L'imposition d'un état d'urgence de 15 jours après des manifestations anti-Saakachvili qui ont dégénéré à Tbilissi ont suscité d'importantes critiques à l'extérieur du pays. Samedi encore, des émissaires de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ont appelé le président à permettre que les médias indépendants puissent reprendre leur diffusion au plus vite: "la Géorgie doit respecter totalement la liberté de la presse", a déclaré l'envoyé du Conseil de l'Europe Matyas Eorsi.
Le Sous-secrétaire d'Etat américain Matthew Bryza était quant à lui attendu samedi à Tbilissi pour faire monter la pression internationale sur le président géorgien.