"Nous n'avons pas réussi", a déclaré le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski, qui a pris acte de cette lourde défaite devant ses partisans déçus. Il a promis de mener une opposition résolue.
Selon les derniers résultats portant sur 90,8% des bulletins, la Plate-forme civique obtient 41,6% des voix, soit 208 sièges, contre 32% pour le PiS, soit 164 sièges. Avec le Parti des paysans polonais (PSL), son probable partenaire de gouvernement qui obtient 8,8% (35 sièges), la PO obtient la majorité absolue à la Diète, avec 243 sièges sur 460.
La PO inscrit le plus haut score qu'un parti ait remporté seul depuis la chute du régime communiste en 1989. La participation marque également un record dans l'ère post-communiste avec 53,8%.
Le prochain gouvernement ne sera nommé qu'après les négociations qui se dérouleront au cours des prochaines semaines, mais Tusk avait déjà annoncé au cours de la campagne qu'il souhaiterait gouverner avec le PSL.
Ce résultat est un franc désaveu pour la politique européenne revendicative et la purge anticommuniste conduite par les frères Kaczynski. C'est aussi l'échec du pari formé par Jaroslaw Kaczynski, qui a convoqué les élections avec deux ans d'avance dans l'espoir de consolider l'assise du PiS à la Diète, après l'effondrement de la fragile coalition qu'il formait avec le parti populiste Autodéfense (Samoobrona) et l'ultraconservatrice Ligue des familles polonaises (LPR). Les deux partis n'atteignent pas le seuil de 5% requis pour entrer au Parlement.
Au cours de la campagne, Tusk a estimé que la Pologne devrait se focaliser sur les opportunités économiques représentées par l'adhésion du pays à l'Union européenne. Il milite pour une réduction des impôts, moins de bureaucratie et d'autres mesures libérales afin de créer un "miracle économique" et de tourner la page du chômage élevé ainsi que des bas salaires qui ont incité de nombreux Polonais à quitter le pays.
"L'intention de la Plate-forme civique, c'est de faire en sorte que les Polonais se sentent mieux dans leur pays que jusqu'à maintenant", a déclaré Tusk à ses militants, qui fêtaient leur victoire. "Nous allons faire un travail énorme et nous allons le faire bien", a-t-il promis, "vous avez raison de vous réjouir ce soir".
Le président Lech Kaczynski, frère jumeau du Premier ministre sortant, conservera toutefois son poste ainsi qu'un droit de veto sur les lois. L'instauration de cette "cohabitation" polonaise pourrait être source d'instabilité, même si le Parlement peut théoriquement passer en force avec une majorité des trois cinquièmes.