Hans Van Themsche doit répondre de meurtres à mobile raciste et de tentative de meurtre sur une femme d'origine turque qui avait également été prise pour cible ce 11 mai 2006 dans les rues de la cité portuaire flamande mais avait, elle, survécu à ses blessures.
L'accusé a déjà reconnu les faits lors de son interrogatoire par la police et pris part à une reconstitution de la scène du meurtre. Le procès devrait durer plusieurs semaines.
Police et procureurs affirment que Hans Van Themsche voulait tuer cinq à dix personnes lors de cette virée meurtrière à l'issue de laquelle il avait apparemment prévu de se suicider. Selon eux, l'accusé avait 20 balles sur lui et a pris en chasse ses victimes au hasard des petites rues pavées du centre historique d'Anvers, près de la place centrale. Le tireur avait été blessé par balle à l'estomac lors de l'intervention de la police.
Selon la police, il en voulait aux noirs et à d'autres minorités ethniques qu'il accusait de l'avoir malmené pendant ses années d'école primaire. Au contraire, selon ses avocats, il ne s'agissait pas d'un acte raciste mais du coup de folie d'un jeune homme psychologiquement instable qui venait d'être renvoyé de sa résidence scolaire pour avoir fumé et bu dans les locaux.
Le meurtre d'Oulemata Niangadou, un baby-sitter de 24 ans d'origine malienne, et de la petite Luna Drowart, et la tentative de meurtre de Songul Kuc, une habitante d'origine turque, avaient soulevé une vague d'indignation dans le pays. Deux semaines après les faits, une marche avait réuni 200.000 personnes dans les rues d'Anvers en solidarité avec les minorités du pays et pour dénoncer les tensions ethniques dans cette ville bastion de l'extrême droite flamande.
Les procureurs ont en effet pointé du doigt un lien indirect entre le meurtrier et des groupes d'extrême droite, notamment le parti Intérêt flamand, qui auraient pu transmettre au jeune homme un sentiment de haine des étrangers. Plusieurs membres de la famille de Hans Van Themsche sont sympathisants du parti Intérêt flamand, devenu en 10 ans la première force politique au sein du conseil municipal d'Anvers, ville qui compte par ailleurs une importante communauté marocaine ainsi que juive orthodoxe.
A l'appel de la défense ou de l'accusation, pas moins de 83 témoins devraient se succéder à la barre lors de ce procès très médiatique. S'il est reconnu coupable, Van Themsche encourt la réclusion criminelle à perpétuité.