L'accord signé par les deux dirigeants en clôture du premier sommet intercoréen depuis 2000, le deuxième seulement depuis la partition de la péninsule, est intervenu au lendemain de l'annonce d'une avancée sans précédent dans le dossier nucléaire nord-coréen. Pyongyang s'est engagé à fournir une liste complète de ses programmes et à démanteler son principal complexe nucléaire à Yongbyon au 31 décembre.
Selon les termes de leur déclaration conjointe rendue publique jeudi, les deux Corées "sont convenues de coopérer étroitement pour mettre fin aux hostilités militaires, assurer la paix et apaiser les tensions dans la péninsule".
Un traité de paix exigeraient la participation des Etats-Unis et de la Chine, engagés dans le conflit et signataires de l'armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre. Or la Corée du Sud n'a jamais apposé sa signature au bas de ce texte.
Après le tout dernier accord, les dirigeants des deux Corées se sont serré la main et ont posé devant les caméras. M. Roh a saisi la main droite de son hôte et les deux hommes ont levé les bras en l'air avant de boire une coupe de champagne.
"Le Sud et le Nord partagent l'opinion qu'ils doivent mettre fin au régime actuel d'armistice et établir un régime de paix permanent", peut-on lire dans le pacte. Ils sont aussi "convenus de coopérer" sur une déclaration de fin de guerre, en organisant une rencontre des dirigeants des pays signataires de l'armistice.
Le président américain George W. Bush a déclaré le mois dernier qu'il était disposé à mettre officiellement un terme à la guerre de Corée tout en avertissant que cela ne pourrait se faire qu'après un désarmement nucléaire total de Pyongyang.
Le pacte de jeudi évoque la question nucléaire dans une seule phrase stipulant que les deux pays déploieront des efforts conjoints pour s'assurer de la mise en oeuvre des précédents accords intervenus dans les pourparlers à six (Etats-Unis, Chine, Japon, Russie, les deux Corées) "pour la solution de la question nucléaire" dans la "péninsule coréenne". Une déclaration jugée "insuffisante" par le Grand parti national, principale force d'opposition en Corée du Sud.
Les deux Corées ont également précisé qu'elles organiseraient de "fréquents" sommets, bien qu'aucun calendrier n'ait été fixé pour de futures rencontres. Séoul et Pyongyang prévoient cependant la tenue de réunions entre leurs Premiers ministres et ministres de la Défense dans les prochains mois.
Les dirigeants des deux pays se sont aussi engagés à renforcer leurs liens économiques, à développer un service régulier de fret ferroviaire vers une zone industrielle conjointe dans la ville frontalière nord-coréenne de Kaesong, à ouvrir un couloir aérien entre Séoul et le Mont Paektu, point culminant du Nord, pour l'organisation de visites vers le lieu considéré comme sacré par tous les Coréens.
Autre élément de l'accord, les deux pays ont accepté d'accroître le nombre des réunions entre membres de familles coréennes séparés par la frontière. Depuis le premier sommet en juin 2000, quelque 18.000 Coréens dans ce cas se sont rencontrés en face à face ou via des liaisons vidéo.
Séoul et Pyongyang se sont également mis d'accord pour envoyer une délégation conjointe de supporters des Coréens aux Jeux olympiques d'été de Pékin en 2008. Les deux pays ont cherché à présenter une seule et même équipe lors des compétitions sportives, mais ont divergé sur les modalités de sélection des athlètes.
La Chine a salué les "résultats positifs" de ce sommet, estimant qu'il "contribuerait à la "paix et la stabilité dans la région", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.