"J'espère que nous allons y arriver. Bien entendu, cela dépendra largement du désarmement de l'IRA (...) mais je crois que nous progressons et cela m'encourage", a déclaré le chef du Parti unioniste démocratique (DUP) à l'issue d'un entretien de deux heures avec le secrétaire britannique à l'Irlande du Nord, Peter Hain, à Belfast.
Ian Paisley a averti que son parti, sorti vainqueur des élections à l'Assemblée provinciale d'Irlande du Nord, avec 36 des 108 sièges, ne coopérerait avec le Sinn Féin de Gerry Adams que lorsque les dirigeants du parti caholique se soumettraient à la loi et à l'ordre.
Il a cependant salué les récents appels lancés par M. Adams aux catholiques pour qu'ils dénoncent à la police les activités de dissidents de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), soupçonnés d'être derrière le meurtre de deux hommes lundi à Belfast.
"Ce n'est pas suffisant mais cela va dans le bon sens", a commenté le leader protestant en invitant le Sinn Féin à se désolidariser des groupes opposés au cessez-le-feu décidé en 1997 par l'IRA et au désarmement engagé par le mouvement nationaliste en 2005.
Quant à savoir si ces avancées permettraient aux députés du DUP de siéger aux côtés de leur homologues du Sinn Féin d'ici le 26 mars, date-butoir fixée par les gouvernements britannique et irlandais, M. Paisley s'est montré plus évasif: "Je ne peux pas vraiment répondre à cette question", a-t-il dit devant le château de Stormont, siège du gouvernement britannique à Belfast-Est. "Nous progressons. Je fais tout ce que je peux."
Londres et Belfast ont menacé de dissoudre l'assemblée nord-irlandaise, qui se réunissait pour la première fois mardi afin d'enregistrer ses membres, si le partage du pouvoir ne devenait pas effectif d'ici la date-limite.
Ian Paisley, qui attend également de Londres une rallonge d'un milliard de livres (1,5 milliard d'euro) pour soutenir le partage du pouvoir en Irlande du Nord, doit rencontrer mercredi à Londres le chancelier de l'échiquier britannique Gordon Brown, probable successeur du Premier ministre Tony Blair, et ouvrir avec lui des négociations financières.