Ces violences, qui n'épargnent pas les civils, semblent venir en représailles à l'assaut militaire contre la Mosquée Rouge à Islamabad. Mercredi dernier, les autorités ont délogé les islamistes qui y étaient retranchés depuis une semaine. Plus d'une centaine de personnes sont mortes dans les affrontements.
L'épreuve de force paraît s'être prolongée à des kilomètres de là.
Samedi, au moins 26 soldats sont morts et 54 autres ont été blessés dans un attentat-suicide au Waziristan Nord, selon l'armée. Un kamikaze a foncé avec son véhicule bourré d'explosifs sur un convoi militaire près de Daznaray, un village à une cinquantaine de kilomètres au nord de Miran Shah, la principale ville de la région.
Dimanche, trois déflagrations ont touché un autre convoi militaire à Swat, dans la Province de la frontière du nord-ouest (PFNO), tuant 18 personnes et en blessant 47 autres, selon un responsable gouvernemental. Sept civils figurent parmi les morts.
Une fusillade a éclaté entre les militaires et les insurgés qui avaient tendu l'embuscade mais ces derniers se sont ensuite enfuis, a affirmé un officier de police sous couvert d'anonymat.
Un peu plus tard dimanche, un kamikaze a attaqué le siège de la police de Dera Ismaïl Khan, dans le nord-ouest de Pakistan, faisant 26 morts et 35 blessés. D'après l'officier de police Mohammed Aslam, plus de 150 candidats se trouvaient au commissariat pour participer à un processus de recrutement. La tête et le gilet d'explosifs du kamikaze ont été retrouvés dans les décombres, a ajouté le policier.
Au Pakistan, la région frontalière de l'Afghanistan connaît un regain de violence depuis le début de la crise à la Mosquée Rouge d'Islamabad le 3 juillet. Des dizaines de personnes sont mortes dans les attentats à la bombe et les fusillades perpétrés depuis dans cette région du nord-ouest.
Environ 90.000 soldats y sont déployés. Et les autorités sont en train d'y envoyer des renforts, selon le général Waheed Arshad, porte-parole de l'armée. Le gouvernement entend faire échec aux islamistes qui appellent au djihad (guerre sainte) et ont juré de venger l'assaut de la Mosquée Rouge. Dans la ligne de mire: le maulana Fazlullah, qui milite pour l'instauration d'un régime islamique au Pakistan, similaire à ce qu'avaient fait les talibans en Afghanistan.
Les insurgés du Waziristan Nord ont en outre décrété dimanche la fin de la trêve conclue il y a dix mois avec l'armée pakistanaise. Un document, diffusé sur le marché de Miran Shah, la principale ville de la région, l'annonce. Un porte-parole des insurgés, Abdullah Farhad, a garanti son authenticité. "L'accord de paix est fini", a-t-il confirmé.
Par l'accord conclu le 5 septembre 2006, l'armée s'engageait à lever les barrages routiers et les insurgés à cesser les attentats au Pakistan, en Afghanistan et à se livrer à toute la propagande. Mais le texte publié dimanche à Miran Shah reproche à l'armée de maintenir des barrages routiers.