"Cette attaque a été perpétrée pour me cibler", a déclaré le ministre de l'Intérieur Aftab Khan Sherpao, qui n'a été que légèrement blessé par la déflagration. "Le terrorisme est un problème pour la nation entière. La nation entière devrait s'unir pour le djihad (guerre sainte) contre le terrorisme", a-t-il déclaré alors qu'il rendait visite dimanche à des blessés hospitalisés à Peshawar.
L'attentat de Charsadda, dans la Province de la frontière nord-ouest, n'a pas été pour l'heure revendiqué.
Samedi, le ministre venait de finir son discours dans cette ville proche de son village natal. Il se dirigeait vers sa voiture tandis que la foule se pressait autour de lui. Le kamikaze a tenté de s'approcher. Il a été stoppé par la sécurité alors qu'il se trouvait à une quinzaine de mètres de M. Sherpao. C'est là, au milieu de la foule, qu'il a déclenché ses explosifs, selon des témoins.
Le bilan continuait dimanche de s'alourdir. Le ministre de l'Information Mohammed Ali Durrani a fait état de 28 morts et 52 blessés. Parmi les victimes figurent des habitants de Charsadda et de la région, mais aussi des gardes du corps de M. Sherpao, selon les enquêteurs qui ont du mal à identifier certains corps sévèrement mutilés.
Mudassir Khan, un policier de Charsadda, a expliqué que ses collègues et des experts du renseignement passaient le site de l'attentat au peigne fin, à la recherche d'indices.
Ils ont retrouvé la tête et les jambes du kamikaze, qui semblent indiquer qu'il avait entre 30 et 40 ans. Son teint clair suggère qu'il était originaire des zones frontalières de l'Afghanistan, avance un haut responsable policier à Peshawar. D'après lui, le mode opératoire rappelle des attaques récentes et laisse entrevoir un lien avec les talibans et les activistes d'Al-Qaïda qui sévissent dans cette région frontalière.
Le président afghan Hamid Karzaï a envoyé un message de condoléances, soulignant que son peuple ne connaissait que trop bien la souffrance que pouvaient ressentir en ce moment les Pakistanais. De tels attentats montrent la nécessité d'une "coopération forte entre nos deux pays pour combattre les terroristes et tous ces éléments qui tentent d'apporter l'instabilité à cette région", note M. Karzaï dans un communiqué.
Par le passé, Hamid Karzaï et son homologue pakistanais Pervez Musharraf se sont reprochés l'un l'autre leurs échecs dans ce domaine. Fait rare, les deux présidents devaient se rencontrer en face à face ce dimanche en Turquie.