Si Benoît XVI ne participera pas à la conférence de trois jours, il a néanmoins fait en sorte que son déplacement à Naples coïncide avec son ouverture. Il rencontrera ainsi les leaders religieux, ont rapporté les organisateurs de la rencontre.
Parmi les personnalités attendues à Naples figurent l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, l'un des deux grands rabbins d'Israël Yona Metzger, le patriarche oecuménique Bartholomé Ier, qui est le chef spirituel de 250 millions d'orthodoxes, plusieurs universitaires musulmans ainsi que le conseiller politique du Grand Moufti du Liban, le cheikh Mohammed Rashid Kabbani.
Benoît XVI a fait du rapprochement avec les autres religions, particulièrement avec l'islam et le judaïsme, une priorité de son pontificat.
La rencontre à Naples a lieu plus de deux décennies après l'invitation faite par Jean-Paul II à tous les chefs spirituels du monde à venir prier pour la paix à Assise, la ville natale de saint François, un amoureux de la paix. Il s'agissait de la première Journée mondiale de prière pour la paix.
Cette rencontre spirituelle du 27 octobre 1986, à laquelle participèrent notamment le Dalaï Lama, Mère Térésa ainsi que d'autres leaders de grandes religions, suscita des débats au Vatican. Certains estimaient qu'elle signalait que l'Eglise catholique considérait toutes les traditions religieuses comme également valables.
Benoît XVI, alors cardinal Joseph Ratzinger et responsable de l'orthodoxie de la doctrine catholique, fut parmi ceux qui s'opposèrent à la rencontre et ne s'y rendit pas, selon la presse italienne. En revanche, il se rendit à la journée de prière à nouveau organisée à Assise par Jean-Paul II en 2002.
Les organisateurs de la rencontre de 2007 soutiennent qu'il n'y a rien d'anormal à ce que Benoît XVI ne participe pas à la rencontre interreligieuse à Naples. Ils soulignent que Jean-Paul II n'y participa qu'à deux ou trois reprises, alors qu'il avait lui-même lancée cette journée.
"Il n'y a rien à expliquer", a déclaré Mario Marazziti, le porte-parole de la Communauté Sant'Egidio, le mouvement catholique laïc organisant la rencontre. "Qui plus est, le pape rencontrera cette fois les responsables religieux".
M.Marazziti a aussi rapporté que le choix de Naples était particulièrement significatif pour accueillir la conférence de cette année, dont le thème est "Pour un monde sans violence: religions et cultures en dialogue".
"Naples est une ville qui connaît le poids de la violence", a-t-il argumenté. "Pas seulement le problème de la violence et des meurtres, mais la violence est aujourd'hui une dimension de la vie quotidienne à laquelle toutes les grandes villes du monde doivent faire face".
Les responsables religieux et politiques -dont les présidents de Tanzanie et d'Equateur-participeront à plus de 30 ateliers de discussion sur des sujets aussi variés que le Sida, le conflit israélo-palestinien, la foi et la science ou l'Islam et la paix.