Ludwik Dorn a déclaré que si la Diète, la chambre basse, décidait d'abréger son mandat de deux ans, le scrutin anticipé serait organisé dans les 45 jours. M. Dorn appartient au Parti du droit et de la justice (PiS) de M. Kaczynski.
Jaroslaw Kaczynski souhaite la tenue d'élections anticipées dans l'espoir de sortir de l'instabilité politique qui a entraîné l'éclatement un peu plus tôt ce mois-ci de sa coalition de gouvernement, laquelle comprenait deux petits partis populistes imprévisibles. Il voudrait que les législatives aient lieu le 21 octobre.
Pour cela, il lui faudra recueillir l'accord des deux tiers des 460 députés, soit 307 voix, alors que son gouvernement est désormais minoritaire. Sinon, M. Kaczynski menace de démissionner et de dissoudre son gouvernement, ce qui aurait le même effet de provoquer des élections anticipées, par un processus constitutionnel plus lent. Le Premier ministre est le frère jumeau du président, Lech Kaczynski.
La dissolution du Parlement est soutenue par le parti nationaliste et conservateur de M. Kaczynski, qui dispose de 150 sièges à la Diète, et par le plus important parti d'opposition, la Plate-forme civique (PO), qui possède 131 députés.
L'Alliance de la gauche démocratique (SLD), l'ancien Parti communiste, devrait jouer les arbitres, avec 55 sièges. Elle était initialement favorable à des élections anticipées mais exige désormais que le Parlement mette d'abord en place des commissions d'enquête sur des allégations d'instrumentalisation du Bureau anti-corruption à des fins politiques par Droit et justice.
Cette position est partagée par les deux anciens partenaires de la coalition de M. Kaczynski, l'Auto-défense (Samoobrona, S) et la Ligue des familles polonaises (LPR), renvoyés du gouvernement la semaine dernière sur des soupçons de corruption, et qui risquent de perdre beaucoup de sièges en cas d'élections anticipées, selon des sondages.