Le ministre de la Justice, Jacques Dupuis, en a fait l'annonce mardi en conférence de presse aux côtés de représentants de la Coalition gaie et lesbienne du Québec et des députés Agnès Maltais, du Parti québécois (PQ), et Eric Dorion de l'Action démocratique (ADQ).
Une fois adoptée, cette future politique servira de chien de garde pour assurer que les projets de loi et de règlement du gouvernement soient exempts de tout biais homophobe, a indiqué le ministre Dupuis.
"Chaque fois qu'un mémoire est présenté au conseil des ministres, on va devoir se questionner pour savoir s'il y a un effet, bénéfique ou non, sur l'homophobie", a-t-il expliqué, sans préciser à quelle date il entend déposer le projet de politique.
Selon M. Dupuis, cette initiative "non partisane" est nécessaire tant pour contrer les préjugés homophobes que pour prévenir des errements dans l'application des lois et des règlements.
Les préjugés sont tenaces, a-t-il fait remarquer, citant à titre d'exemple une recommandation de la Commission des droits de la personne, qui suggèrait aux policiers de traiter les cas de violence conjugale homosexuelle différemment de ceux des couples hétérosexuels.
Dès qu'un groupe fait l'objet d'un traitement différent, il y a discrimination, a argué M. Dupuis, qui s'est opposé à cette recommandation de la commission.
En obtenant le "parrainage" des trois partis politiques représentés à l'Assemblée nationale, la Coalition gaie et lesbienne du Québec espère contribuer à mieux faire respecter les droits des individus qu'elle désigne par l'acronyme GLBT, c'est à dire, gai, lesbien, bisexuel et transexuel.
L'objectif de la coalition est d'améliorer le sort des homosexuels "dans le monde entier", a confié la présidente du groupe, Johanne H. Gaudreault, heureuse que les trois partis de l'Assemblée nationale aient saisi la perche tendue par les gais.
Certes, avec le mariage et les droits civils, les gais du Québec ont obtenu l'égalité légale, a fait valoir la leader lesbienne, mais à son point de vue, il reste encore bien du chemin à parcourir avant d'atteindre "l'égalité sociale".
"Nous sommes loin de l'égalité sociale et ce programme de parrainage va nous aider, que ce soit au niveau municipal ou provincial, à résoudre les problèmes causés par des politiques ou des règlements discriminatoires vis-à-vis de l'orientation sexuelle", a-t-elle élaboré.