Mme Marois a remis en question le sens des responsabilités du chef de l'opposition officielle, qui la veille avait présenté une motion réclamant que l'Assemblée naitonale retire sa confiance au gouvernement, sous prétexte que Québec refuse d'abolir les commissions scolaires et n'offre pas aux écoles et aux élèves "les services auxquels ils ont droit".
Si les élus péquistes avaient entériné la motion, le gouvernement aurait été défait, entraînant des élections générales pour le 17 décembre, neuf mois à peine après les précédentes.
Mais la chef péquiste a dit clairement mercredi, en point de presse, que son équipe voterait contre la motion, la semaine prochaine, donnant un sursis au gouvernement minoritaire de Jean Charest.
"Vous allumez des feux et vous ne savez pas comment les éteindre", a dit Mme Marois à l'intention de M. Dumont, auquel elle reproche de vouloir abolir les commissions scolaires sans proposer de solutions de rechange.
"On n'amènera pas les gens en élection sur un débat de structure", a tranché la chef péquiste.
En Chambre, par la suite, durant la période de questions, le premier ministre Charest en a rajouté pour dire que M. Dumont faisait "une espèce d'obsession sur les commissions scolaires".
Le premier ministre a tenté une fois de plus de miner la crédibilité de son rival adéquiste, qui "semble avoir perdu le contrôle" et à qui il souhaite "de reprendre ses moyens".
Durant la période de questions, toutes celles de l'opposition officielle ont porté sur les questions d'éducation: commissions scolaires, décrochage scolaire, enseignement du français, etc.
Malgré le fait qu'on sache à l'avance que sa motion de blâme sera défaite, M. Dumont ne s'est pas laissé démonter, ne regrettant pas "le coup de semonce" qu'il voulait donner au gouvernement en déposant sa motion.
En point de presse, il a tenté de mettre la chef péquiste en contradiction avec ses déclarations passées, faisant valoir "qu'elle avait déjà annoncé qu'à la première occasion elle ferait tomber le gouvernement".
A cela, Mme Marois a répliqué avoir déclaré qu'elle ferait tomber le gouvernement "sur des sujets sur lesquels nous pensions qu'il fallait le faire", mais certainement pas sur les commissions scolaires.
Dans sa lecture des événements, le chef de l'Action démocratique a tenté de démontrer que le gouvernement libéral et l'opposition péquiste étaient devenus des alliés objectifs, se protégeant l'un l'autre.
"Ca a commencé par un petit bec au début de la session parlementaire, mais là c'est la valse" entre Jean Charest et Pauline Marois, selon lui.