"(Si Jean Charest) veut aller en élections, nous assumerons nos responsabilités", a affirmé la seule candidate déclarée jusqu'ici à la succession d'André Boisclair à la direction du Parti québécois, à son arrivée à la Conférence nationale des présidents qui s'est déroulée samedi à Boucherville, en Montérégie.
Mme Marois, qui sera vraisemblablement couronnée à la tête du PQ au plus tard le 30 juin, soutient que le premier ministre aura à porter l'entière responsabilité du déclenchement hâtif des élections s'il continue à faire la sourde oreille aux revendications des deux partis d'opposition à l'Assemblée nationale.
"Je crois qu'il doit mettre son arrogance dans sa poche, agir en chef d'Etat et écouter le point de vue que nous lui présentons", a insisté Mme Marois, entourée d'une meute de journalistes à l'occasion d'un impromptu de presse.
L'ancienne ministre a été accueillie chaleureusement par les quelque 300 militants rassemblés dans un hôtel de Boucherville, dont les députés et les 125 présidents d'association de comté. L'enthousiasme soulevé par la candidature de Pauline Marois semble démontrer que les militants ont déjà tourné la page sur la spectaculaire débandade électorale subie par le Parti québécois aux élections du 26 mars, une débâcle qui a menée au départ de l'ancien chef André Boisclair.
Gonflé à bloc, le PQ est déterminé à voter contre l'adoption du budget la semaine prochaine, entraînant du même coup la chute du gouvernement Charest et le déclenchement probable d'un nouveau scrutin en plein coeur du court été québécois.
Seules de profondes modifications aux orientations budgétaires de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, permettront au Parti libéral de faire l'économie d'une deuxième campagne électorale en trois mois, a fait comprendre Mme Marois.
"La population québécoise voudrait être entendue à travers nous pour que le chef du gouvernement corrige son budget de tel sorte que nous n'allions pas en élection", a-t-elle dit.
Même si elle répète qu'elle ne veut pas, personnellement, précipiter un scrutin, elle maintient que la décision finale à cet égard appartient au premier ministre Charest.
"C'est sa décision", martèle l'aspirante cheffe péquiste.
Le Parti québécois exige des réinvestissements majeurs pour les élèves en difficultés, pour les soins à domicile et l'introduction de crédits d'impôt pour le développement régional.
Pour autant que le gouvernement réponde à ses trois critères, il peut à sa guise offrir des baisses d'impôt pour la classe moyenne, a soutenu la leader parlementaire péquiste Diane Lemieux.
"S'il répond à ces trois besoins et qu'en bout de course, il y a aussi des baisses d'impôt, il fera ce qu'il veut", a mentionné la député de Bourget.
Mais pour le porte-parole du deuxième groupe d'opposition François Legault, il est clair que le gouvernement libéral devra renoncer, en grande partie à tout le moins, aux 950 millions $ d'allègements fiscaux annoncés dans son budget.
"Nous ne sommes pas contre les baisses d'impôt mais de tout mettre (la marge de manoeuvre) sur les baisses d'impôt, ce n'est pas équilibré et ce n'est pas le message envoyé par la population le 26 mars", a-t-il dit.