Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon enverra dans les prochaines semaines une délégation aux Pays-Bas pour discuter des aspects pratiques de l'établissement et du fonctionnement du tribunal, a déclaré sa porte-parole Michele Montas.
Les Pays-Bas, qui accueillent déjà la Cour internationale de justice et le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, ont posé comme conditions que les coupables purgent leur peine dans un autre pays et que le procès soit financé par l'ONU.
La création du "tribunal Hariri" a été approuvée par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU le 30 mai dernier. Le Conseil était cependant fort divisé: la Chine, la Russie et trois autres pays se sont abstenus de voter sur cette mesure, qui intervenait après le refus du président du Parlement libanais Nabih Berri de convoquer une séance pour entériner la création du tribunal international.
M. Hariri et 22 autres personnes ont été tuées dans un attentat contre le convoi de l'ancien Premier ministre dans le centre de Beyrouth le 14 février 2005. La Syrie a été pointée du doigt dans cette affaire par les enquêteurs de l'ONU, mais a toujours nié toute implication.
Les manifestations massives qui ont suivi le meurtre de M. Hariri ont cependant forcé Damas à mettre fin à une présence militaire de 29 ans au Liban.
Le tribunal international est depuis devenu un ingrédient de la crise politique au Liban, qui oppose le gouvernement pro-occidental et les forces pro-syriennes, dont le président Emile Lahoud.