Aucun chiffre n'a été officiellement avancé par l'administration Bush, mais 7500 militaires pourraient rejoindre, en 2009, le contingent américain qui s'élève aujourd'hui à 34 000 soldats.
La résistance des talibans s'est affermie dans la zone sud qui se trouve actuellement sous le commandement de l'OTAN depuis mi-2006 et qui réunit des militaires fournis par le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Danemark.
Les soldats canadiens sont au nombre de 2500, principalement détachés dans la province de Kandahar. C'est également un général canadien qui commande la région sud. Il doit être remplacé avant la fin de l'année par un général néerlandais, dans le cadre d'un système de rotation mis en place par l'OTAN.
Ce que reproche le Pentagone, c'est précisément ce système de rotation: les commandants de la zone sud changent tous les 9 mois et, dans certains cas, les unités de combats ne restent pas en place plus de 6 mois.
Du point de vue américain, ces délais sont beaucoup trop courts pour optimiser l'efficacité des opérations militaires. Par comparaison, dans l'est du pays, les Américains effectuent des rotations de 15 mois et (en Afghanistan comme en Irak) les rotations des troupes de combat américaines passeront à 12 mois cet été.
Certains membre de l'administration Bush pensent que le combat contre les talibans serait plus efficace si tout ou partie de la zone sud passait sous commandement américain, dont le mandat est pour le moment limité à l'est du pays.
L'idée de modifier la structure du commandement n'a pas encore pris la forme d'une proposition officielle auprès du secrétaire de la Défense, Robert Gates.
Ce dernier a indiqué qu'aucune discussion sur ce sujet n'avait été entamée avec l'OTAN, mais que le sujet était effectivement évoqué en interne. "Je n'ai pas pris de décision, a-t-il déclaré. Je n'ai fait aucune recommandation au président. Nous continuons à en discuter".
A long terme, Washington verrait bien l'OTAN prendre en charge les zones plus calmes du pays, comme le nord et l'ouest, où les missions de combat sont moins nombreuses que celles d'aide à la population.
Reste qu'une telle réorganisation signifierait une "ré-américanisation" du conflit, ce qui serait délicat à gérer sur le plan politique.
Washington a besoin de l'OTAN pour continuer sa lutte contre le terrorisme et ne souhaite probablement pas réitérer l'impair commis par Robert Gates en janvier dernier.
Le secrétaire de la Défense avait déclaré au Los Angeles Times que les soldats de l'OTAN n'étaient pas assez entraînés, ce qui avait soulevé une vague d'indignation chez les pays fournisseurs de troupes à l'OTAN et notamment, au Canada.