L'organisateur en chef de la campagne du PLC, Gerard Kennedy, a laissé entendre mardi que des candidats pourraient être identifiés dès la semaine prochaine et que le parti serait prêt à partir en campagne dans 45 jours, si cela s'avérait nécessaire.
"Nous pouvons nous préparer à un tel scénario tout en faisant bouger les choses que nous considérons comme importantes", a-t-il insisté en marge de la réunion du caucus qui se tient dans le Vieux-Québec jusqu'à mercredi.
De son côté, le chef Stéphane Dion a confié aux médias que l'essentiel de la journée de mardi avait été consacré à la préparation du scrutin, un travail qu'il a qualifié de "studieux" et "profitable".
Les députés se sont penchés sur trois possibilités: celle d'une élection d'ici deux mois, celle d'une élection en juin ou en septembre et celle d'une élection à la fin de l'automne 2007 ou plus tard, a-t-il indiqué.
Même si la plupart des libéraux répètent que les Canadiens ne sont pas intéressés à voter à nouveau, il se trouve des membres de l'aile parlementaire pour affirmer que le prochain budget, prévu pour mars, ne sera pas adopté.
L'ancien ministre des Finances Ralph Goodale a ainsi déclaré en matinée qu'il ne voyait pas comment son parti pourrait appuyer le budget, compte tenu du "flou", des promesses non tenues et "des mensonges" dont il a été témoin jusqu'à maintenant.
Pour le député québécois Denis Coderre, "l'important en politique c'est d'être toujours prêt". A son avis, il y aura toutefois une élection provinciale au Québec avant la chute du gouvernement Harper.
Imitation
En prévision de la rentrée parlementaire de la semaine prochaine, les députés libéraux ont eu droit à deux présentations sur les changements climatiques. Steven Guilbault, de Greenpeace, et le chercheur Jean Lemire - qui revient d'une expédition en Antarticque - s'étaient en effet déplacés pour le caucus.
L'environnement s'annonce comme l'un des grands thèmes du printemps - et d'une éventuelle campagne électorale fédérale.
En matinée, Stéphane Dion s'est d'ailleurs moqué des conservateurs qu'il accuse d'avoir copié le programme de son parti pour s'attirer des votes.
"Après un an de démantèlement de toutes nos initiatives pour lutter contre les changements climatiques (...), tout d'un coup ils ont voulu se draper en vert et rouge et la semaine dernière, qu'ont-ils annoncé? Qu'ils annulaient les compressions qu'ils ont faites et qu'ils recréaient les programmes libéraux", a-t-il ricané.
A la blague, M. Dion a suggéré aux troupes de Stephen Harper de poursuivre dans la même voie et de continuer à s'inspirer des projets libéraux pour améliorer le sort des enfants et des peuples autochtones.
Le chef libéral n'a fait qu'un bref commentaire sur le Bloc Québécois, à qui il reproche d'être un parti incapable d'agir.
"Le Bloc ne peut qu'emmagasiner les mécontentements, mais il ne peut pas les transformer en actions. C'est pourquoi les Québécois, comme l'ensemble des Canadiens, ont le choix entre deux façons d'agir: celle de M. Harper qui échoue et qui va échouer encore plus, ou l'approche libérale renouvelée que nous proposons", a-t-il insisté.
A son avis, les Québécois choisiront de voter de manière responsable, pas pour protester ou par ressentiment. "Je pense que le message que nous allons lancer va résonner partout au Québec et qu'on peut aller chercher des comtés qu'on ne soupçonne pas aujourd'hui", a-t-il ajouté.
Le chef refuse toutefois de dire combien de sièges il convoite dans la province.
Bataille de Québec
Québec, où est né M. Dion, devrait être au coeur de la prochaine bataille électorale. La grande région et sa voisine, Chaudière-Appalaches, ont élu huit des dix députés conservateurs du Québec. Les autres élus de la région portent les couleurs du Bloc québécois.
Visiblement heureux d'être dans sa ville natale, le chef a promis "de faire rempart au gouvernement conservateur".
"Nous allons renforcer la citadelle canadienne", a-t-il martelé.
En présence de ses troupes, le chef Stéphane Dion a par ailleurs annoncé mardi la création de "groupes consultatifs" régionaux, comprenant à la fois des élus, des militants et des observateurs externes, dont le mandat sera de conseiller l'exécutif du parti, en prévision des élections, mais aussi pour la suite des événements.
Au Québec, ce groupe sera formé du nouveau président du caucus, le député Francis Scarpaleggia, du président du parti, Robert Fragasso, et du directeur-adjoint, Marc Lavigne. M. Scarpaleggia a soutenu M. Dion dans sa course au leadership du PLC.