Les autorités tentent actuellement de le retracer par l'entremise de son réseau d'amis. L'homme de 32 ans, originaire de Maple Ridge, en Colombie-Britannique, est sous le coup d'un avis de recherche international d'Interpol.
Il a enseigné en Thaïlande, en Corée du Sud et au Vietnam, et est accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec au moins une douzaine de jeunes Cambodgiens et Vietnamiens, certains âgés de six ans.
Les gardes-frontières de Thaïlande et des pays voisins sont sur un pied d'alerte, dans l'éventualité où Neil tenterait de s'échapper. Les caméras de sécurité de l'aéroport international de Bangkok ont enregistré jeudi dernier son passage par les services d'immigration en provenance de Corée du Sud.
Selon un colonel de la police thaïlandaise, les autorités sont pratiquement certaines que Neil se trouve toujours en Thaïlande. La police croit aussi qu'elle se rapproche de plus en plus du suspect. "Même s'il utilise un faux passeport pour sortir du pays, ses photos sont déjà publiées partout", a commenté le colonel Apichart Suribunya.
La chasse au présumé pédophile a commencé il y a trois ans, quand la police allemande a découvert environ 200 photographies échangées par Internet, où on voyait un individu en train d'agresser des enfants. Le visage du pédophile avait été brouillé mais des spécialistes allemands ont réussi à en clarifier quelques-unes afin de publier un portrait reconnaissable. Il a été identifié grâce aux renseignements provenant de la population, après un appel à l'aide sans précédent d'Interpol.
Une enseignante canadienne qui a connu Neil en Corée du Sud figure parmi les gens qui ont contacté les autorités. Amy Bowler a dit que l'homme sortait souvent avec le cercle d'expatriés. Il aimait faire du karaoke et avait plusieurs amis proches, a-t-elle ajouté.
Le frère cadet du suspect, Matthew Neil, a dit aux journalistes que la famille coopérait avec les autorités et il a demandé à son frère de se rendre. Il a ajouté que la famille n'avait eu aucun contact avec son frère depuis son départ pour la Corée du Sud, en août dernier.
Un porte-parole des Forces armées canadiennes a déclaré qu'avant de devenir enseignant en Asie, Neil a travaillé comme aumônier et conseiller au centre d'entraînement estival des cadets de l'air de Greenwood, en Nouvelle-Ecosse, auprès de jeunes âgés de 12 à 18 ans, entre 1998 et 2000. Le capitaine Hope Carr a indiqué que l'armée n'avait reçu aucune plainte contre Neil durant cette période.
Le colonel Apichart, qui coordonne l'enquête thaïlandaise, a dit que la police s'efforce de recueillir suffisamment d'éléments de preuve pour demander un mandat d'arrestation à la cour.
"Nous tentons aussi de récolter davantage de renseignements et d'enquêter sur ses contacts effectués au cours de ses séjours précédents en Thaïlande, afin qu'ainsi, nous puissions nous rapprocher de lui et de son réseau d'amis. Nous voulons trouver cet homme le plus vite possible."
Le profil MySpace de Christopher Paul Neil révèle qu'il se promène en Asie depuis cinq ans et qu'il adore enseigner, qu'il aime le théâtre et les comédies musicales.
Jeudi dernier, il ne s'est pas présenté à l'école Gwangju, dans la ville du même nom, en Corée, où il enseigne depuis août.
Un de ses collègues canadiens à cette école coréenne, Ray Fowler, a dit qu'il était "un bon enseignant, bien organisé, bien préparé", et que les enfants l'aimaient beaucoup.
Un parent dont les deux enfants vont à cette école a déclaré mercredi qu'il n'avait jamais rencontré Neil, mais que ses enfants l'aimaient.
Le directeur des affaires administratives de l'école a affirmé qu'il ignorait tout des allégations de sévices reprochées à Neil.
Les autorités d'une école thaïlandaise où Neil a enseigné quelques mois en 2003-2004 ont toutefois soutenu qu'il n'avait pas réussi sa probation, en raison de son enseignement relâché.