Plusieurs chambres d'un hôtel du centre-ville utilisé par le MDC ont été saccagés, a précisé à l'Associated Press le secrétaire général du parti d'opposition Tendai Biti, mais personne n'a été arrêté. "Mugabe a commencé la répression", a-t-il dit. "Il est clair qu'il a déclaré la guerre".
Il a précisé que le chef de l'opposition et candidat à la présidence Morgan Tsvangirai était "en sécurité", mais avait renoncé à tenir une conférence de presse.
Peu avant, des agents de sécurité et des gendarmes en tenue anti-émeute avaient encerclé un hôtel hébergeant des journalistes étrangers à Harare. Selon un homme qui répondait au téléphone à l'hôtel mais a refusé de donner son nom, une trentaine de policiers avaient investi les lieux et ont interpellé plusieurs journalistes.
Le quotidien américain "New York Times" a annoncé que son correspondant Barry Bearak en faisait partie. "Nous ne savons pas où il est détenu, ni ce qu'on lui reproche, si il a été inculpé de quoi que ce soit", a déclaré le directeur de la rédaction Bill Keller.
La presse étrangère est arrivée au Zimbabwe la semaine dernière pour couvrir les élections de samedi dernier.
La Commission électorale n'a toujours pas publié de chiffres concernant la présidentielle, l'opposition affirmant qu'elle a remporté ce scrutin dès le premier tour, alors que les résultats officiels, encore partiels lui accordaient la majorité au parlement.
Mais le président Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis 1984, serait prêt pour un second tour, selon le ministre adjoint de l'information Bright Matonga. Et ce alors que les résultats officiels du scrutin présidentiel ne sont même pas publiés.
"Le président Mugabe va se battre. Il ne s'en va nulle part, il n'a pas perdu", a dit Matonga à la BBC, accusant l'opposition de vouloir "se débarrasser du président Mugabe à tous prix": "Nous allons y aller à fond, nous battre et obtenir la majorité requise".
Les dirigeants du parti au pouvoir, la ZANU-PF, devraient se retrouver vendredi pour discuter de l'opportunité d'aller au second tour. Et, pour la première fois depuis le scrutin de samedi, Mugabe est apparu jeudi à la télévision nationale, en train de rencontrer des observateurs électoraux de l'Union africaine.