Alors que les représentants des deux camps se retrouvaient, le président chinois Hu Jintao, à Pékin, a dit espérer "un résultat positif" de ces discussions, soulignant que "la porte du dialogue reste ouverte", selon Chine Nouvelle. L'agence de presse officielle a également confirmé que la rencontre avait eu lieu "suite aux demandes répétées des proches du dalaï lama en faveur d'une reprise des pourparlers".
D'après Chine Nouvelle, les responsables chinois, Zhu Weiqun et Sitar, ont dit aux deux émissaires tibétains que les violences du mois de mars avaient créé "de nouveaux obstacles concernant des contacts et consultations supplémentaires avec le camp du dalaï lama", mais que le gouvernement avait cependant "organisé cette rencontre avec sincérité et une grande patience".
"Le gouvernement central espérait que, en créant les conditions pour la prochaine série de contacts et de consultations, le camp du dalaï lama prendrait des mesures crédibles pour arrêter les activités destinées à diviser la Chine, arrêter de comploter et d'inciter à la violence, arrêter de perturber et saboter les Jeux olympiques de Pékin", selon Chine Nouvelle.
L'endroit exact de la rencontre à Shenzhen, près de Hong Kong, n'a pas été annoncé. Des journalistes étrangers attendaient devant un bâtiment situé dans la banlieue de la ville, supposé accueillir les émissaires. Mais aucun d'entre eux n'a été aperçu.
Hu Jintao a exprimé l'espoir que le dalaï lama prenne des actions concrètes pour faire cesser les violences et mettre fin à ce qu'il a qualifié de tentatives visant à perturber les Jeux olympiques de Pékin et diviser la Chine, selon Chine Nouvelle.
Le dalaï lama a dit à plusieurs reprises qu'il n'était pas à l'origine des récentes émeutes au Tibet, et que ses émissaires prévoyaient de demander à Pékin de s'expliquer sur ces accusations, a affirmé Samdhong Rinpoche, le "Premier ministre" du gouvernement tibétain en exil basé à Dharamsala, en Inde.
Samdhong Rinpoche a déclaré samedi lors d'un rassemblement public à Dharamsala que les envoyés du dalaï lama étaient chargés d'engager un dialogue pour apaiser les tensions dans les régions tibétaines chinoises. "Nos espoirs sont élevés, mais ce n'est qu'un petit pas dans un long processus".
Malgré les pourparlers, la Chine a poursuivi ses attaques verbales contre le dalaï lama. Des experts chinois du Tibet, cités par Chine Nouvelle, ont affirmé que le Congrès des jeunes tibétains, un mouvement d'exilés, oeuvrait en faveur d'une séparation du Tibet avec la Chine, et était le "fer de lance armé du groupe du 14e dalaï lama".
Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen sont les émissaires du chef des bouddhistes tibétains envoyés à Shenzhen. Face à eux, Zhu et Sitar sont deux vice-ministres du Département de travail du front uni du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), chargé des relations avec les organisations de masse hors du PCC.
Certains experts pensent que la Chine a accepté cette rencontre simplement pour apaiser la communauté internationale, très critique sur les événements au Tibet, avant les Jeux olympiques de Pékin organisés en août.
La Chine fait officiellement état de 22 morts dans les violences de Lhassa, mais les groupes de défense du Tibet jugent le bilan bien plus élevé, aussi bien dans cette province que dans les autres, voisines, abritant une forte communauté tibétaine dans l'ouest de la Chine. Le gouvernement en exil a évoqué plus de 140 personnes tuées.
Pékin accuse le dalaï lama de vouloir obtenir l'indépendance du Tibet mais le chef spirituel des Tibétains, en exil en Inde depuis le soulèvement tibétain de 1959 réprimé par les forces chinoises, assure qu'il ne souhaite qu'une large autonomie de cette région himalayenne.