Interpol a indiqué que le suspect était probablement en fuite en Thaïlande, où les caméras de sécurité de l'aéroport ont enregistré jeudi son passage par les services d'immigration en provenance de Corée du Sud. Il s'agirait d'un professeur d'anglais exerçant dans une école de Séoul, selon l'agence de police internationale.
"Avec les autorités thaïlandaises, nous mettons en place un dispositif important pour essayer de le localiser, mais également nous voudrions faire passer le message qu'étant cerné de partout dans le monde, la meilleure chose qu'il ait à faire, c'est de se rendre aux services de police", a expliqué le directeur d'Interpol, Jean-Michel Louboutin, à la chaîne d'information française LCI.
Matthew Neil, le frère cadet du suspect, a déclaré que sa famille avait découvert les accusations qui pèsent sur son frère la semaine dernière, après que des agents de la Gendarmerie royale du Canada les aient contactés pour identifier les photos.
"Ma mère est complètement dévastée et la famille est sous le choc, a-t-il dit. Nous coopérons avec la GRC et Interpol. Nous espérons que ce sera réglé sous peu."
M. Neil a ajouté que la famille n'avait eu aucun contact avec son frère depuis son départ pour la Corée du Sud, en août dernier.
Un porte-parole des Forces armées canadiennes a déclaré qu'avant de devenir enseignant en Asie, Neil a travaillé comme aumônier et conseiller au centre d'entraînement estival des cadets de l'air de Greenwood, en Nouvelle-Ecosse, auprès de jeunes âgés de 12 à 18 ans, entre 1998 et 2000.
"Si les jeunes s'ennuyaient de la maison, il était là pour les conseiller", a déclaré la capitaine Hope Carr, spécifiant qu'aucune plainte n'avait été formulée à l'endroit de Neil pendant cette période.
Sur un forum de discussion, des enseignants canadiens et d'autres nationalités qui oeuvrent présentement en Corée du Sud ont déclaré que Neil travaillait à l'école étrangère de Kwangju.
Mardi matin, sur le site Internet de l'école, le nom de Neil apparaissait à titre d'enseignant d'histoire et de sciences sociales de septième et huitième années. Son nom a toutefois été retiré peu de temps après.
Anne Kully, la directrice de l'école Saint Patrick, de Maple Ridge, en Colombie-Britannique, a déclaré que Neil y avait effectué du bénévolat en 2000 et 2001. Ce bénévolat était alors partie intégrante de sa formation au séminaire Christ of the King, de Mission, toujours en Colombie-Britannique, où il étudiait dans le but de devenir prêtre. Neil avait également posé sa candidature pour enseigner dans cette école.
"Nous pensons qu'il est toujours en Thaïlande et nous sommes en train de réunir des informations de la part des pays voisins dans lesquels il a commis des crimes pédophiles de manière à pouvoir délivrer un mandat d'arrêt contre lui", a déclaré à l'Associated Press le responsable de la police, Apichart Suribunya.
On peut voir cet individu en train d'agresser des garçons vietnamiens et cambodgiens sur quelque 200 photographies échangées sur Internet. Le visage du pédophile avait été brouillé par une spirale numérique sur les photos affichées sur Internet, mais des spécialistes allemands ont réussi à en clarifier quelques-unes afin de publier un portrait reconnaissable.
L'ambassade du Canada a refusé de commenter l'information.
L'agent d'Interpol en charge de cette affaire, Mick Moran, a déclaré lors d'une interview que le suspect avait travaillé en tant qu'enseignant en Thaïlande, au Vietnam et en Corée du Sud, et qu'il était entré en Thaïlande la semaine dernière muni d'un aller simple à plein tarif en provenance de Séoul.
"Le Cambodge, le Vietnam, la Thaïlande: tous les pays de cette région ont été prévenus. Ils sont tous en état d'alerte et opèrent tous des contrôles aux frontières pour tenter de repérer les mouvements de cet homme", a ajouté M. Moran, arrivé à Bangkok ce week-end pour y coordonner la traque. Il a appelé le suspect à se rendre "de manière à régler le problème d'une manière adulte et raisonnable".
Cela fait trois ans que les enquêteurs traquent le suspect, depuis que la police allemande a découvert sur Internet des photos de lui en train d'abuser de mineurs asiatiques.
Interpol a délivré son tout premier appel à témoins mondial la semaine dernière. Selon l'agence, plus de 350 personnes ont fourni des indices aux autorités dans le monde entier.
Les autorités continuent de rassembler et d'analyser des preuves pour les traduire en inculpation formelle si l'homme venait à être arrêté.
"La Thaïlande est au centre d'une chasse à l'homme internationale, et les autorités du pays, en coopération avec Interpol et toutes les polices du monde, sont à ses trousses", a déclaré le chef d'Interpol, Ronald K. Noble.