Le prêt approuvé par le gouvernement, a-t-il ajouté, est une "mesure à court terme", en attendant les décisions que devra prendre le prochain gouvernement de Silvio Berlusconi vainqueur des élections du 13 et 14 avril.
Alitalia, dont le gouvernement italien possède 49,9% du capital, perd environ un million d'euros par jour et risque d'être déclarée en faillite, ce qui se traduirait selon des estimations de la presse par la suppression d'au moins 7.000 emplois.
L'aviation civile italienne, l'ENAC, s'est inquiétée mardi de la capacité d'Alitalia à réunir suffisamment de fonds pour garantir son fonctionnement. La règlementation européenne stipule qu'une compagnie aérienne doit "être en mesure d'assurer une continuité, entre autres pour des questions de sécurité. Elle doit garantir qu'elle dispose d'une couverture (financière) pour au moins un an", a expliqué le président de l'ENAC Vito Riggio. Alitalia, a-t-il ajouté, pourrait en cas d'incapacité à assurer ses obligations, se voir retirer ses autorisations de vol.
Lundi soir, Air France-KLM avait annoncé le retrait de son offre de rachat, moins de trois semaines après la rupture des négociations avec les syndicats italiens. Le groupe a expliqué dans un communiqué que ses engagements en vue du lancement d'une offre publique d'échange sur Alitalia n'étaient "plus valides".
Les négociations exclusives entre Air France-KLM et Alitalia s'étaient ouvertes le 15 janvier. Air France-KLM s'engageait notamment à garantir une augmentation de capital d'un milliard d'euros, destinée à une relance commerciale de la compagnie. Toutefois, quelque 1.600 emplois sur les 11.000 que compte Alitalia risquaient de disparaître.
Le gouvernement de centre-gauche sortant de Romano Prodi était plutôt favorable à l'offre d'Air France-KLM, mais Silvio Berlusconi avait exprimé, dès avant les législatives des 13 et 14 avril, sa préférence pour une solution italienne.
Toutefois, vendredi dernier, quelques jours après la victoire de sa coalition de droite aux élections, le nouveau président du Conseil élu avait nuancé sa position, estimant qu'Alitalia pourrait intégrer un plus grand groupe aérien comme le franco-néerlandais Air France-KLM, tout en restant le principal transporteur italien.